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Bergson: Conscience, animal et liberté

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Je crois que tous les êtres vivants, plantes et animaux, la [la conscience] possèdent en droit ; mais beaucoup d'entre eux y renoncent en fait, - bien des animaux d'abord, surtout parmi ceux qui vivent en parasites sur d'autres organismes et qui n'ont pas besoin de se déplacer pour trouver leur nourriture, puis la plupart des végétaux : ceux-ci ne sont-ils pas, comme on l'a dit, parasites de la terre ? Il me paraît donc vraisemblable que la conscience, originellement immanente à tout ce qui vit, s'endort là où il n'y a plus de mouvement spontané, et s'exalte quand la vie appuie vers l'activité libre. // Chacun de nous a d'ailleurs pu vérifier cette loi sur lui-même. Qu'arrive-t-il quand une de nos actions cesse d'être spontanée pour devenir automatique ? La conscience s'en retire. Dans l'apprentissage d'un exercice, par exemple, nous commençons par être conscients de chacun des mouvements que nous exécutons, parce qu'il vient de nous, parce qu'il résulte d'une décision et implique un choix; puis, à mesure que ces mouvements s'enchaînent davantage entre eux et se déterminent plus mécaniquement les uns les autres, nous dispensant ainsi de nous décider et de choisir, la conscience que nous en avons diminue et disparaît. Quels sont, d'autre part les moments où notre conscience atteint le plus de vivacité ? Ne sont-ce pas les moments de crise intérieure, où nous hésitons entre deux ou plusieurs partis à prendre, où nous sentons que notre avenir sera ce que nous l'aurons fait? // Les variations d'intensité de notre conscience semblent donc bien correspondre à la somme plus ou moins considérable de choix ou, si vous voulez de création, que nous distribuons sur notre conduite. Tout porte à croire qu'il en est ainsi de la conscience en général. Si conscience signifie mémoire et anticipation, c'est que conscience est synonyme de choix. BERGSONEléments d'introduction   Les animaux sont dans l'ordre biologique ceux que l'on dit être les plus près des hommes. Les théories de l'évolution ont alimenté cette relation étroite entre homme et animal, pourtant une chose semble être acquise: On refuse à l'animal la conscience. Mais de quelle sorte de conscience prive-t-on l'animal? Pourquoi la conscience ne serait que le propre de l'homme? Qu'y a t-il derrière cette idée de conscience animal qui la rend si inacceptable?   Objet du texte               Bergson s'intéresse ici à la conscience et en donne une définition originale. En effet, la conscience est selon lui coextensive à la vie : là où il y a vit, il y a conscience. Pourtant, ce commun partage de la conscience entre les êtres doués de vie ne se fait pas sans nuance. Il détermine ainsi les conditions d'actualisation de la conscience afin de mieux faire comprendre quelle en est son essence propre.

« Explication de texte : Bergson, Evolution créatrice Extrait Je crois que tous les êtres vivants, plantes et animaux, la [la conscience] possèdent en droit ; mais beaucoup d'entre eux y renoncent en fait, - bien des animaux d'abord, surtout parmi ceux qui vivent en parasites sur d'autres organismes et qui n'ont pas besoin de se déplacer pour trouver leur nourriture, puis la plupart des végétaux : ceux-ci ne sont-ils pas, comme on l'a dit, parasites de la terre ? Il me paraît donc vraisemblable que la conscience, originellement immanente à tout ce qui vit, s'endort là où il n'y a plus de mouvement spontané, et s'exalte quand la vie appuie vers l'activité libre.

// Chacun de nous a d'ailleurs pu vérifier cette loi sur lui-même. Qu'arrive-t-il quand une de nos actions cesse d'être spontanée pour devenir automatique ? La conscience s'en retire.

Dans l'apprentissage d'un exercice, par exemple, nous commençons par être conscients de chacun des mouvements que nous exécutons, parce qu'il vient de nous, parce qu'il résulte d'une décision et implique un choix; puis, à mesure que ces mouvements s'enchaînent davantage entre eux et se déterminent plus mécaniquement les uns les autres, nous dispensant ainsi de nous décider et de choisir, la conscience que nous en avons diminue et disparaît.

Quels sont, d'autre part les moments où notre conscience atteint le plus de vivacité ? Ne sont-ce pas les moments de crise intérieure, où nous hésitons entre deux ou plusieurs partis à prendre, où nous sentons que notre avenir sera ce que nous l'aurons fait? // Les variations d'intensité de notre conscience semblent donc bien correspondre à la somme plus ou moins considérable de choix ou, si vous voulez de création, que nous distribuons sur notre conduite.

Tout porte à croire qu'il en est ainsi de la conscience en général.

Si conscience signifie mémoire et anticipation, c'est que conscience est synonyme de choix. Eléments d'introduction Les animaux sont dans l'ordre biologique ceux que l'on dit être les plus près des hommes.

Les théories de l'évolution ont alimenté cette relation étroite entre homme et animal, pourtant une chose semble être acquise: On refuse à l'animal la conscience.

Mais de quelle sorte de conscience prive-t-on l'animal? Pourquoi la conscience ne serait que le propre de l'homme? Qu'y a t-il derrière cette idée de conscience animal qui la rend si inacceptable? Objet du texte Bergson s'intéresse ici à la conscience et en donne une définition originale.

En effet, la conscience est selon lui coextensive à la vie : là où il y a vit, il y a conscience.

Pourtant, ce commun partage de la conscience entre les êtres doués de vie ne se fait pas sans nuance.

Il détermine ainsi les conditions d'actualisation de la conscience afin de mieux faire comprendre quelle en est son essence propre. Problématique Comment Bergson parvient-il à définir la vie comme conscience à travers la distinction essentielle de fait/en droit qui lui permet de définir l'essence de la conscience comme choix, c'est-à-dire comme condition de possibilité et d'expression de la liberté humaine, et par là de sa spécificité ? Structure argumentative Nous pouvons distinguer trois principaux moments de l'argumentation : 1e Mouvement : Ce 1 e mouvement s'étend du début du texte jusqu'à « activité libre ».

Bergson commence par affirmer que la conscience est la vie, accordant ainsi la conscience à tous les être vivants, végétaux, animaux comme humains.

Mais une distinction non pas seulement de degré mais de nature va s'introduire à partir de la relation conscience/mouvement. 2e Mouvement : Ce 2 nd mouvement s'étend de « chacun de nous » jusqu'à « diminue et disparaît ».

A partir d'un exemple concret dont tout le monde peut ou à déjà fait l'expérience, Bergson va distinguer des degrés d'intensité d'attention de la conscience pour montrer qu'elle accompagne nécessairement tout choix réfléchit, et donc libre. 3e Mouvement : Ce 3e mouvement s'étend de « les variations d'intensité » jusqu'à la fin du texte.

De cette coexistence conscience/choix, Bergson va conclure à leur identité.

La conscience est alors un pont jeté entre le passé et l'avenir, elle est la condition de possibilité de tout acte libre.

En ce sens, la conscience est créatrice. Explication détaillée - 1e MOUVEMENT « Je crois que tous les êtres vivants, plantes et animaux, la [la conscience] possèdent en droit ; mais beaucoup d'entre eux y renoncent en fait, - bien des animaux d'abord, surtout parmi ceux qui vivent en parasites sur d'autres organismes et qui n'ont pas besoin de se déplacer pour trouver leur nourriture, puis la plupart des végétaux : ceux-ci ne sont-ils pas, comme on l'a dit, parasites de la terre ? Il me paraît donc vraisemblable que la conscience, originellement immanente à tout ce qui vit, s'endort là où il n'y a plus de mouvement spontané, et. »

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