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Aristote: Des êtres vivants répugnants !

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À vrai dire, certains des êtres vivants n'offrent pas un aspect agréable ; pourtant la Nature qui les a produits avec art procure des plaisirs inexprimables à ceux qui, lorsqu'ils les contemplent, peuvent connaître les causes et qui sont philosophes de race. Et d'ailleurs il serait déraisonnable et absurde que nous trouvions du plaisir à contempler les images de ces êtres, parce que nous y saisissons en même temps l'art, par exemple du sculpteur ou du peintre qui les a produits, et que, les examinant en eux-mêmes produits par la Nature, nous n'éprouvions pas une joie plus grande encore de cette contemplation, au moins si nous pouvons en saisir les causes. Il ne faut donc pas se laisser aller à une répugnance puérile pour l'étude des animaux moins nobles. Car, en toutes les oeuvres de la Nature, il y a quelque chose de merveilleux. II faut retenir le propos que tint, dit-on, Héraclite' à des visiteurs étrangers qui, au moment d'entrer, s'arrêtèrent en le voyant se chauffer devant son fourneau ; il les invita en effet à entrer sans crainte en leur disant qu'il y a aussi des dieux dans la cuisine. De même, on doit aborder sans dégoût l'examen de chaque animal avec la conviction que chacun réalise sa part de nature et de beauté. ARISTOTEAristote, dans ce texte, nous entretient du dégoût. Y a-t-il dans la nature des êtres qui soient réellement répugnants et qu'on a alors raison de ne pas regarder, de fuir, voire de détruire ? Ou bien n'est-ce là qu'une réaction infantile que l'intelligence doit surmonter ? Aristote soutient que la laideur n'est qu'apparente et n'existe que pour l'homme ignorant, incapable de dépasser l'aspect premier des choses.

« À vrai dire, certains des êtres vivants n'offrent pas un aspect agréable ; pourtant la Nature qui les a produits avec art procure des plaisirs inexprimables à ceux qui, lorsqu'ils les contemplent, peuvent connaître les causes et qui sont philosophes de race.

Et d'ailleurs il serait déraisonnable et absurde que nous trouvions du plaisir à contempler les images de ces êtres, parce que nous y saisissons en même temps l'art, par exemple du sculpteur ou du peintre qui les a produits, et que, les examinant en euxmêmes produits par la Nature, nous n'éprouvions pas une joie plus grande encore de cette contemplation, au moins si nous pouvons en saisir les causes.

Il ne faut donc pas se laisser aller à une répugnance puérile pour l'étude des animaux moins nobles.

Car, en toutes les oeuvres de la Nature, il y a quelque chose de merveilleux.

II faut retenir le propos que tint, diton, Héraclite' à des visiteurs étrangers qui, au moment d'entrer, s'arrêtèrent en le voyant se chauffer devant son fourneau ; il les invita en effet à entrer sans crainte en leur disant qu'il y a aussi des dieux dans la cuisine.

De même, on doit aborder sans dégoût l'examen de chaque animal avec la conviction que chacun réalise sa part de nature et de beauté.

ARISTOTE QUESTIONS 1.

Dégagez l'idée et l'argumentation du texte. 2.

Expliquez : a.

« ceux qui, lorsqu'ils les contemplent, peuvent connaître les causes ». b.

« répugnance puérile ». c.

« sa part de nature et de beauté ». 3.

En quel sens peut-on parler d'un « art » de la nature ? QUESTION 1 Aristote nous met en garde : avant d'avoir du dégoût ou de la répugnance pour certaines productions de la nature, il faut réfléchir aux causes de ces productions.

La connaissance de ces causes nous les expliquera et nous comprendrons que « la nature ne fait rien en vain ». – Il constate, en effet, que certains êtres vivants ont un aspect désagréable.

Mais si l'on sait, comme les véritables philosophes — qui sont aussi dans l'Antiquité « physiciens », c'est-à-dire des personnes qui étudient la nature — dépasser l'apparence sensible et comprendre pourquoi la nature les a créés laids, alors on en saisit la beauté. – La joie du biologiste qui contemple ces êtres ressemble à la joie de l'amateur d'art devant une sculpture. Elle est même plus grande encore car le philosophe-biologiste contemple en ces êtres la finalité de la nature organisatrice.

Alors que l'artiste ne fait qu'imiter l'organisation, l'harmonie de la nature. – Il ne faut donc pas juger avec précipitation : la nature va toujours vers un but, elle a toujours une intention. QUESTION 2 a.

L'homme qui ne sait pas pourquoi la nature a créé des êtres répugnants, qui en ignore les causes, c'està-dire le pourquoi, s'arrête à l'apparence et ne peut donc trouver aucun plaisir à regarder ces êtres.

Par contre, le sage s'émerveillera de l'ingéniosité de la nature, car il saura reconnaître les causes qui ont déterminé une telle création.

Le plaisir, d'ailleurs, viendra s'ajouter à cette connaissance des causes, des raisons pour lesquelles elle a été créée. b.

La répugnance, c'est-à-dire la répulsion ou l'horreur que l'homme ressent devant des êtres vivants physiquement désagréables, est un sentiment puéril : tel un enfant qui manifeste une attitude non raisonnée, puérile donc.

L'exercice de la raison nous fait comprendre la finalité de la nature qui ne crée pas inutilement. c.

Tout être vivant est digne d'être observé, étudié.

Les dieux sont partout, même dans la cuisine, dit Héraclite, c'est-à-dire que même là où l'on s'y attend le moins, le merveilleux existe.

Ainsi, chaque animal répond à une fin.

Cette finalité fait la beauté de la créature, car elle traduit l'intention de la nature, son ordre.

L'enchaînement rationnel des causes, la disposition des moyens en vue de la finalité, rendent beau l'animal le plus laid.

Aristote associe donc nature-finalité-beauté. QUESTION 3 (réponse rédigée) La nature est-elle artiste ? Telle est la question posée ici, question surprenante puisque, étymologiquement, l'art est une activité humaine par excellence, l'artisan et l'artiste se confondant même pendant des siècles. En quel sens peut-on parler alors d'un art de la nature ? L'art est création et beauté.

On peut dire que la nature est créatrice, la première d'ailleurs : elle a créé tous les êtres vivants, tous les minéraux.

Le monde physique, la nature, est une oeuvre en perpétuel mouvement, celui de la génération et de la corruption — de la naissance et de la mort — et donne l'impression d'une création incessante.

La beauté se trouve dans la finalité, dans l'harmonie qui préside à toute création et que. »

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