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Méthodologie : Exemples d’introduction Une oeuvre d’art dépend-elle de son temps ?

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« Méthodologie : Exemples d’introduction Une oeuvre d’art dépend-elle de son temps ? Une oeuvre picturale peut nous renvoyer à une époque précise de l’Histoire, alors que le peintre n’a pas l’intention de représenter le monde dans lequel il vit. Son oeuvre est pourtant identifiable comme appartenant à une période déterminée parce qu’elle véhicule des signes, des symboles, des représentations et des valeurs qui sont ceux de telle ou telle époque. En ce sens, l’oeuvre d’un artiste est toujours dépendante du temps qui l’a vu naître. L’oeuvre est l’expression d’une époque. Mais, n’est-ce pas une compréhension trop restrictive du rapport qui peut unir l’oeuvre à son temps ? Ne fait-elle qu’exprimer son temps ? L’artiste qui crée ajoute à son époque une valeur particulière et originale qui ne relève que de son seul génie. Aussi, l’oeuvre d’un artiste dépend-elle du temps ? [Position du problème] Cette question nous interroge sur le fait de savoir s’il y aurait un rapport de dépendance liant l’oeuvre d’art à son temps, ce qui reviendrait à dire qu’une oeuvre d’art n’est pas totalement libre d’exister, puisqu’elle «dépendrait» de l’époque où elle est née. Ce temps est-il alors, pour l’oeuvre d’art, une condition d’existence et en quel sens ? Ce serait envisager qu’une telle oeuvre est le reflet d’une époque. Or, elle ne peut pas vraiment y échapper, puisqu’elle naît bien à tel ou tel moment de l’histoire. La dépendance est d’ailleurs multiple : elle peut être technique, idéologique ou encore artistique. Mais, si l’oeuvre d’art se trouve déterminée ou conditionnée par son temps, n’est-elle conditionnée que par cela ? N’est-ce pas alors la notion même de création qui se trouve remise en question ? En effet, si l’artiste ne peut pas vraiment se détacher de son époque, ce qu’il proposera n’en sera que le reflet, et il ne sera pas vraiment à l’origine de l’art (mais la société, les idées du temps ou les conceptions particulières et esthétiques d’une époque donnée). Ce qui donc, finalement, est en cause ici, c’est bien le pouvoir de la création artistique et de l’oeuvre d’art : peut-il s’affranchir des conditions pourtant déterminantes de son époque ? Et jusqu’à quel point ? L’enjeu essentiel est de comprendre la nature de l’oeuvre d’art et de son action possible sur la société humaine, en même temps que de préciser ce que signifie l’idée même de création artistique. Les faits parlent-ils d’eux-mêmes ? N’avons-nous jamais déclaré, confronté à une scène particulière, que les “faits parlent d’eux-mêmes”, signifiant ainsi qu’il n’y a rien de plus à ajouter et que l’observation est ici suffisante pour en tirer les conclusions qui s’imposent ? Ainsi, lorsque je vois une personne en frapper une autre, l’évidence de la violence ne laisse aucun doute quant au sens de la situation qui se déroule sous mes yeux, et je ne peux alors, semble-t-il, que constater la vérité de cette scène. Toutefois, si je puis observer le fait de la violence, je ne puis l’expliquer en totalité. Le fait de la violence implique une intention, que je puis imaginer, mais qui ne se présente pas de manière évidente, et sur laquelle d’ailleurs je puis me tromper. Présentant donc à la fois une évidence manifeste qui oriente la signification d’une situation et, en même temps, une obscurité à propos des raisons de cette même situation, l’évidence des faits nous interroge et nous amène à poser la question suivante : “les faits parlent-ils d’eux-mêmes” ? [Position du problème] La question, telle qu’elle est posée, formule donc un doute portant sur le fait qu’un fait soit un événement parlant, c’est-à-dire possédant une signification propre que je n’aurai qu’à constater lorsqu’il se présente à moi. Ma pensée serait ainsi dans un état de réceptivité, réceptacle des faits qui déposent, pour ainsi dire, leur sens en moi. Nous nous bornerions ainsi à constater et à recueillir un sens préalable, mais nous ne serions que les dépositaires de celui-ci, témoins passifs, sans jamais être acteurs. L’expression populaire veut donc souligner à la fois le caractère d’évidence contraignante du fait et l’inutilité de tout commentaire. C’est pourquoi elle en appelle au bon sens de chacun, qui ne peut que reconnaître la réalité objective du fait et de sa signification. Mais, si le fait parle, dit-il tout ce qu’il y a à dire pour autant ? Notre parole est-elle vraiment inutile, et sous quelles conditions ? De plus, un fait parle-t-il vraiment ? N’est-il pas plutôt une action ou son résultat, essentiellement muet ? Si l’homme seul détient la capacité de parler, alors il faut plutôt le faire parler. L’expression serait un abus »

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