LIBERTÉ OU CONTRÔLE DE L’INFORMATION : UN DÉBAT POLITIQUE FONDAMENTAL
Publié le 18/02/2026
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«
1er temps : fiche de cours à recopier dans son cahier
III / LIBERTÉ OU CONTRÔLE DE L’INFORMATION : UN
DÉBAT POLITIQUE FONDAMENTAL
1 / L’INFORMATION DÉPENDANTE
L’AFFAIRE DREYFUS ET LA PRESSE
DE
L’OPINION ?
* rappel du déroulement de l’Affaire (1894-1906)
Alfred Dreyfus est un français, capitaine dans l’armée française.
Il
est d’origine juive et alsacienne, ce qui en fait un suspect idéal quand
surgit une affaire d’espionnage au profit de l’Allemagne (des documents
importants sont fournis à l’armée allemande).
Une enquête interne bâclée
permet de le condamner injustement pour haute trahison au profit de
l'Allemagne en 1894.
Il est victime de l'antisémitisme, à l'époque très
répandu dans l'armée : il existe en effet un très fort esprit de caste chez
les officiers, monarchistes et catholiques, qui haïssent vite ce juif
républicain.
Pendant plusieurs années, seuls ses proches et quelques hommes
politiques tentent de l'innocenter.
Le vrai coupable est même démasqué,
Esterhazy, mais il est acquitté par un tribunal militaire qui veut étouffer
l'Affaire.
Il faut attendre l'article de Zola, le "J'accuse" de l'Aurore, pour
que l'affaire éclate au grand jour en 1898.
Condamné une nouvelle fois,
Dreyfus bénéficie de la grâce présidentielle, mais il n’est réhabilité qu'en
1906, définitivement.
* une France profondément divisée
DOCUMENT : « un dîner en famille », de Caran d’Ache, paru dans
le Figaro du 14 février 1898
(https://www.retronews.fr/justice/echo-de-presse/2016/10/18/surtoutne-parlons-pas-de-laffaire-dreyfus)
Présenter le document : un dessin humoristique de presse, facilement
compréhensible, avec un but humoristique, mais qui simplifie aussi la
réalité.
Par exemple ici, dans cette famille bourgeoise, il est probable que
beaucoup soient antidreyfusards et que la division ne soit pas aussi
marquée que le laisse supposer le dessinateur.
Diffusion auprès d’un
public plutôt conservateur et catholique, diffusion large, car on est dans
l’âge d’or de la presse avec les progrès dus aux rotatives.
Que montre ce dessin ? La France est divisée en deux camps.
Il n'existe
que peu de Français indifférents et on ne peut pas avoir d'opinion nuancée
(il ne peut pas être à moitié coupable, c'est ou oui, ou non).
Certains sont
pour Dreyfus (dreyfusards) et d'autres contre (antidreyfusards).
Le dessinateur prend-il parti et pourquoi ? Il reste plutôt neutre alors que
l’on sait par ailleurs que ce dessinateur est lui-même anti-dreyfusard, et
qu’il a publié des dessins beaucoup plus engagés.
Mais là il, il se contente
de se moquer des débats que cette affaire suscite.
Il est probable que la
rédaction du journal ne veuille pas se mettre à dos des lecteurs qui
pourraient être dreyfusards.
Le dessinateur et le journaliste dépendent
d’une ligne éditoriale et la presse est à la fois un moyen d’informer, mais
aussi un produit commercial destiné à la vente.
La France est alors coupée en deux :
Les dreyfusards exigent un nouveau procès au nom de la justice.
Ils
mettent en avant la défense du droit, de la justice et de l'individu face à la
raison d'État.
Ils sont soutenus par les partis de gauche et du centre, par
des personnalités comme Jaurès, Zola, Péguy, Anatole France.
Les antidreyfusards veulent le maintien de la condamnation de Dreyfus
au nom de l'honneur de l'armée, des valeurs d'ordre et d'autorité.
Reconnaître l’innocence de Dreyfus c’est affaiblir la France, car c’est
reconnaître une erreur de l’armée.
Les antidreyfusards sont des opposants
au système parlementaire, souvent des monarchistes et fervents
catholiques, ainsi que des nationalistes.
Ils estiment que la République est
faible et corrompue.
Ils sont aussi antisémites : c’est le début d'une violence verbale et
physique, le journal catholique La Croix prône ouvertement la chasse aux
juifs, car à l’époque l’antisémitisme est considéré comme une opinion et
non comme un délit.
* le rôle de la presse
Le rôle de la presse est décisif pour influencer l’opinion, ce d’autant plus
que la loi de 1881 reconnaît la liberté de la presse.
Trois phases
apparaissent dans la manière de traiter l’Affaire par la presse :
Phase 1 - jusqu’en 1896, la presse s’y intéresse peu, l’actualité étant
occupée par d’autres événements plus vendeurs (les attentats
anarchistes, la politique de colonisation...).
Quelques articles relaient la
condamnation du capitaine et les « preuves » censées justifier sa
culpabilité, cette affaire est considérée comme un simple fait divers, qui
peut être d’ailleurs vendeur.
Phase 2 - en 1896 des journaux voient dans cette affaire plus
qu’une simple erreur judiciaire, une affaire d’État impliquant les
plus hauts....
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