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Sujet : Vivre en société empêche-t-il de penser par soi-même ?

Extrait du corrigé : C'est ainsi que l'on peut interpréter la perspective adoptée par Lévi-Strauss dans Le totémisme aujourd'hui : selon cette perspective, lorsqu'un homme est membre d'un groupe, il n'agit pas conformément à ce qu'il ressent comme individu, mais ce qu'il ressent est fonction de la manière dont la société lui permet ou lui prescrit de se conduire. Les sentiments internes des membres du groupe sont ainsi engendrés par les coutumes de la société. En ce sens, la société, par le fait même qu'elle met en jeu des normes pour permettre la vie en commun, des valeurs et des coutumes, détermine les pensées individuelles. Même si l'individu n'en a pas conscience, ce qui lui paraît penser par lui-même est alors en réalité conditionné par ce que la société prescrit, permet et valorise.   2° La société comme lieu de la culture est nécessaire à la formation par l'homme de sa propre pensée Pour Kant, l'homme ne peut devenir homme que par l'éducation, qui le fait passer d'un état proche de l'animalité à une existence proprement humaine, en perfectionnant sa nature. La véritable humanité consiste à pouvoir penser par soi-même, et l'homme doit pour cela apprendre à diriger sa pensée, car la nature ne l'a pas doté de facultés accomplies : celles-ci doivent être cultivées pour que l'homme puisse former son jugement. La culture constitue ainsi une part importante de l'éducation, qui nous donne matière à penser et nous apprend également l'habileté. Cette éducation à la culture, qui prend place au sein de la société et est permise par elle, doit permettre à l'homme de vivre dans cette société et de transmettre ensuite à ses enfants la formation qui leur permettra de penser à leur tour leur société. C'est donc la société qui donne à l'homme les moyens d'apprendre à penser par lui-même et donc, de pouvoir penser cette société et ses contemporains sans se laisser diriger de l'extérieur par l'opinion du plus grand nombre. En quelque sorte, on peut ainsi dire que  la société ne nous empêche pas de penser par nous-mêmes, au sens où elle nous donne les moyens d'apprendre à le faire, mais qu'il est nécessaire de faire cet effort d'apprentissage pour pouvoir conserver un regard personnel sur la société, en appliquant ainsi à elle ce qu'elle nous a permis d'apprendre.

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