Sujet : Une vie sans examen vaut-elle la peine d'être vécue ?
Extrait du corrigé : Exemples : 1- je peux vouloir être riche et cela me paraît être un but ; mais la question à se poser : en vue de quoi suis-je réellement en train de rechercher la richesse ? L'argent est-il une fin en soi ? 2- le malade accepte de boire la potion amère parce que son action vise, non pas l'agréable ou un plaisir immédiat, mais un but déterminé : recouvrer la santé (Gorgias, 467 c-e) Dans les deux cas, seul l'examen permet l'accès au bonheur via un exercice de la raison sur les fins que l'on se donne ( = sur ce qu'est le bien en soi). Transition : § La vie sans examen ne vaut pas la peine d'être vécue : une telle vie, excluant la possibilité de donner du sens (= rôle de la pensée), ne peut être que vouée à l'insatisfaction (l'esprit est soumis à l'incessante réitération des désirs et voué à des satisfactions ponctuelles, éphémères) et surtout, elle ne peut être heureuse. § Conséquence : l'examen est nécessaire : il donne à la vie une dimension plus haute. 3- l'examen génère l'angoisse qui provoque la révolte ou donation de sens Pour la philosophie existentialiste une vie sans examen = vie possédant un « caractère machinal » (Sartre). Tant que nous vivons sans nous étonner et sans nous lasser de vivre, la vie se ramène à « faire les gestes que l'habitude commande » (Camus) : « Lever, tramway ; quatre heures de bureau ou d'usine, repas, tramway, quatre heures de travail, repas, sommeil et lundi mardi mercredi jeudi vendredi et samedi sur le même rythme, cette route se suit aisément la plupart du temps. » L'examen s'impose donc comme une rupture qui engendre la reconnaissance brutale de l'absurdité : « Un jour seulement, le « pourquoi » s'élève et tout commence dans cette lassitude teintée d'écoeurement ». Or, à partir de l'examen et du sentiment d'angoisse qui l'accompagne, va se mettre en place une exigence de sens visant à élucider ce sentiment d'absurdité et qui sortira le sujet de la monotonie aliénante menée jusqu'à présent. L'examen de sa propre vie provoque l'angoisse : des questions telles que la raison de notre venue a monde, celle de savoir quelle est notre destinée, provoquent un malaise au sein duquel vivre semble absurde : aucune raison ne justifie mon existence.
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