Sujet : Travail et aliénation ?
Extrait du corrigé : * Chacun ne s'éprouve-t-il pas, par exemple, comme étant différent, d'une plus grande valeur que la fonction qu'il occupe ? la conscience de notre liberté ne se laisse pas réduire à ce que nous produisons. L'incompatibilité du travail et de la liberté n'est jamais totale parce que le travail ne saurait supprimer la conscience que nous avons de notre liberté. Travail et finalité. Le noeud de la question est finalement de savoir si le travail porte sur la production d'un objet qui lui soit extérieur, ou s'il porte sur lui-même. Le travail est-il un moyen ou une fin en soi ? Le travail est d'abord un moyen de ne plus travailler, comme si finalement la finalité du travail était de se supprimer : après tout, c'est en effet bien souvent l'idée de l'arrivée du week-end qui nous fait supporter les semaines ouvrées. Rousseau, par exemple, dans son « Essai sur l'origine des langues », se fait le défenseur de cette idée : « Si l'on y regardait bien, l'on verrait que, même parmi nous, c'est pour parvenir au repos que chacun travaille : c'est encore la paresse qui nous rend laborieux ». Ce propos se fonde surtout, outre sur l'idée que la paresse est la pente naturelle de l'homme, sur une compréhension sociale du travail ; mais pourtant, force est de reconnaître que certaines de nos activités de loisir offrent tous les symptômes du travail, et que le bricolage acharné, par exemple, est bien la production non immédiatement nécessaire d'un objet par des moyens techniques. Comment interpréter cette irruption de la logique du travail dans le loisir ?
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