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Sujet : Toute vie en société implique-t-elle un sacrifice de l'individu ?

Extrait du corrigé : L'État est la négation de cela, au nom d'une universalité désincarnée.   Seconde partie : N'est-il pas possible de concevoir la société autrement qu'en simple opposition avec les individualités ?   La tradition libérale conçoit ainsi d'une part la liberté de l'individu comme marge accordée par le « silence de la loi », suivant en cela les pas de Hobbes (Léviathan, XXI), nonobstant son absolutisme. J.-S. Mill conçoit ainsi la liberté comme pouvoir de faire tout ce que la loi n'empêche pas (De la liberté, chap. I) et conceptualise ainsi le « principe de non-interférence » pour limiter tout abus de la loi (la loi ne doit réprimer que les actes individuels qui sont contraignants à l'égard des autres : la liberté réside dans le droit de chacun de faire ce qu'il veut tant que cela ne nuit pas à autrui – voir aussi la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789). Mais on conçoit par là la liberté individuelle uniquement sous un angle négatif par rapport à la société, conservant ainsi la tension antagoniste entre la société et l'individu. Or, n'est-il pas possible de concevoir une société qui loin de considérer les individualités comme des menaces, favoriserait celles-ci, pour son plus grand bénéfice ?   L'Etat, c'est-à-dire la puissance souveraine, ne peut-il avoir un intérêt propre non seulement à garantir le droit des individualités à s'exprimer, mais même à favoriser celles-ci ?

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