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Sujet : La tolérance est-elle indifférente à la vérité ?

Extrait du corrigé : La « preuve » n'est jamais un principe de contrainte mais tout au contraire un principe de liberté, car dès que la preuve fournie par autrui est de moi comprise, elle devient ma preuve et j'adhère librement à la vérité. Certes la pensée rationaliste ne redoute pas mais appelle de tous ses voeux la plus large tolérance, la diffusion de toutes les idées, la discussion la plus ouverte. Ainsi voit-on Pasteur réclamer aux partisans de la génération spontanée leurs arguments et leurs protocoles d'expérience. Car c'est précisément la libre discussion des preuves qui permet à la vérité de s'imposer, entendons par là non d'exercer sur nous une contrainte, mais de mériter notre libre assentiment.Tout à l'opposé ce sont les opinions arbitraires et les pensées non fondées qui ont peur de la lumière et qui fuient le dialogue et la pacifique discussion. C'est lorsque je suis incapable de démontrer clairement l'objet d'une croyance obscurément liée à mes passions, à mes habitudes, que j'ai la tentation de l'imposer par la violence, d'en faire une doctrine officielle, protégée de toute confrontation et de toute critique par la puissance du bras séculier. «Le fanatisme», dit Jung, « n'est qu'une surcompensation du doute. » Et Montaigne disait : « Pour Dieu merci, ma créance ne s'établit pas à coup de poing. Qui establit son discours par braverie et commandement montre que la raison y est faible. »De tels arguments, cependant, suffisent-ils à résoudre ce problème de la tolérance ?

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