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Sujet : Suis-je libre de tout désirer ?

Extrait du corrigé : En réalité, dans le désir, le sujet pose l'absence comme infiniment préférable à la présence : en ce sens, le désir à cette négativité qui dévalorise l'être là, donné, au profit de l'absent, l'être à venir. En ce sens le mouvement du désir semble illimité : on ne saurait se satisfaire d'un objet dans lequel le désir aurait été assouvi une fois pour toute. Le désir semble donc, au moins virtuellement, pouvoir se porter sur tout, même voire surtout ce qui est difficile à acquérir voire impossible.     II-                La capacité légitime de la volonté : ordonnée à la raison     ·        On peut en effet noter cet écart entre la capacité de fait de tout désirer et la capacité de droit qui sont en réalité en conflit. Car si le vouloir tend à imiter l'absoluité de la divinité, nous restons des être mortels et finis, et donc incapables de pouvoir dépasser certaines de nos limites, notamment celle de la nature. ·        On comprend alors que si l'on peut désire de fait tout objet, on ne doit néanmoins pas le vouloir, de droit. Car il s'agit là d'une extension de la volonté, dessaisie de tout contrôle régulateur. ·        Tout désirer, c'est donc courir après des chimères que l'on ne pourra jamais atteindre, c'est donc se condamner à ne jamais atteindre et réaliser son désir. C'est donc aussi, a fortiori, se refuser l'accession au bonheur, puisque le mouvement du « tout désirer » ne s'achève jamais que dans la déception. ·        Il faut, pour être le plus assuré possible de parvenir au bonheur, orienter sa volonté à la conduite raisonnable, c'est-à-dire celle qui se contente de vouloir les choses qui dépendent d'elle, et non pas viser irrationnellement l'impossible.

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