Sujet : La spontanéité est-elle une marque de liberté ?
Extrait du corrigé : On est ici à l'extérieur du champ de la liberté. Une action spontanée qui résulterait d'une sorte d'instinct, ou d'une pure impulsion dont notre volonté ne serait pas responsable, pourrait avoir des conséquences heureuses ou au contraire malheureuses ; mais on peut contester qu'elle ait une valeur morale, qu'elle soit comme telle bonne ou mauvaise, si l'on soutient Kant que seuls les actes volontaires, déterminés par une libre décision, peuvent être jugés sur le plan moral. b) De la spontanéité des actes libres* Si la spontanéité d'une conduite ne définit pas sa liberté, inversement, un acte libre est, en un sens, toujours spontané.* En effet, une volonté soumise à des déterminations externes n'est pas libre, puisqu'elle dépend précisément de celles-ci. Poser un acte libre, c'est dire que «si (par exemple) je me lèvre maintenant de mon siège tout à fait librement et sans subir l'influence nécessairement déterminante des causes naturelles, alors avec cet événement et tous les effets naturels qui en dérivent à l'infini commencent absolument une nouvelle série, bien que, par rapport au temps, cet événement ne soit que la continuation d'une série précédente. Cette résolution et cet acte ne sont pas une simple conséquence de l'action de la nature, mais les causes naturelles déterminantes qui ont précédé cet événement cessent tout à fait par rapport à lui ; et, s'il leur succède, il n'en dérive pas, et par conséquent il peut bien être appelé un commencement absolument premier, non pas à la vérité sous le rapport du temps, mais sous celui de la causalité". (Kant, Critique de la raison pure, trad. Barni, Gibert, II, p. 25).On remarquera que c'est précisément la possibilité d'une telle spontanéité que contestait Spinoza.
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