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Sujet : Savoir et se souvenir

Extrait du corrigé : Le questionnement du jeune garçon par Socrate est l'exemple-type de ce que Socrate appelle la «maïeutique», ou art de faire accoucher les âmes des vérités qu'elles portent en elle. Car la réminiscence, ou souvenir de la vérité, ne vient pas spontanément ou par hasard. Elle vient sous la stimulation d'un autre, celui qui vous «titille» (comme un taon sur un cheval, dit Socrate) et sait vous poser les bonnes questions. Dans le «mythe de la caverne» de la même manière, l'homme enchaîné depuis son enfance ne se libère pas tout seul, mais il faut le libérer et le traîner dehors, malgré lui. Ce que dit Platon, c'est que l'accès à la vérité - et à la connaissance la plus haute, celle de l'idée du Bien - ne peut se faire que par la médiation d'autrui. C'est une relation de désir, une érotique de la connaissance qui fait passer de l'amour des corps à l'amour des Idées, puis à l'amour de l'idée la plus haute, le Bien. Dans cette relation spécifique, autrui n'est pas une fin, puisque ce qui est visé, c'est l'idée du Bien; mais il n'est pas non plus un moyen pour moi, puisqu'il ne s'agit pas de l'utiliser pour un but qui serait simplement mon intérêt propre. Autrui est donc ici une médiation vers un dépassement de moi-même dans la connaissance du Bien. C'est ce que l'on appelle l'«amour platonique». Tout au moins peut-on admettre qu'en certains cas du moins, il nous est devenu tellement familier qu'il peut en donner l'illusion.

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