Sujet : Une religion sans croyance est-elle possible ?
Extrait du corrigé : Cette force de conviction caractérise l'idée vive qui, en raison de la coutume, reçoit de l'impression présente une part de sa vivacité ; tout se passe comme si la répétition d'événements semblables toujours contigus l'un à l'autre, créait cet effet de vivacité.Hume donne à un tel phénomène le nom très courant de croyance. De ce fait, il forge un outil théorique destiné à lui servir dans l'explication d'autres phénomènes que les inférences savantes, par exemple, la superstition, entretenue grâce au soutien que les cultes donnent à ce mécanisme naturel, mais aussi la croyance à l'identité personnelle, aux spectacles ou aux récits. En dernière analyse, seule l'expérience effectivement constituée de conjonctions constantes soutient la « certitude morale » (c'est-à-dire expérimentale) de nos croyances les plus probables, que l'on peut considérer comme prouvées (mais non démontrées) et opposer aux fictions de l'imagination, même quand ces dernières font l'objet de croyances artificielles et douteuses. Concept cardinal, la notion de croyance, entendue comme nommant un mécanisme de transfert de vivacité, est donc une arme contre les superstitions et les folies. Ces croyances semblent même être le soutien le plus efficace pour la vie pratique : je ne sortirais pas de chez moi si je n'étais convaincu de l'existence du couloir derrière la porte - alors même que je ne le perçois pas directement au moment où je m'apprête à ouvrir la porte pour sortir. L'esprit est donc constitué tout autant d'habitudes que de connaissances dûment établies. 11. La croyance et la foiOn ne peut cependant mettre les croyances religieuses sur le même plan que les autres. Tout d'abord, elles sont codifiées dans des dogmes, elles ont un contenu précis qui tranche avec le vague de nos croyances ordinaires.
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