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Sujet : Un raisonneur a beau me prouver que je ne suis pas libre, le sentiment intérieur, plus fort que tous ses arguments, le dément sans cesse. Rousseau

Extrait du corrigé : DESCARTES a alléguée pour prouver l'indépendance de nos actions libres par un sentiment vif interne n'a point de force : nous ne pouvons pas sentir proprement notre indépendance et nous ne nous apercevons pas toujours des causes souvent imperceptibles, dont notre résolution dépend. » B. - Il s'agirait d'ailleurs de préciser quel est le contenu de cette expérience intime. La liberté a été interprétée en des sens très divers : en quel sens est-elle objet d'expérience? - 1° Si on l'entend comme une liberté d'indifférence, ainsi que BOSSUET l'a exposé dans un exemple célèbre, il est trop clair que « l'évidence du sentiment » qu'il invoque est illusoire : nous ignorons comment la volonté agit sur notre corps et quel est le détail des innervations et des contractions musculaires qui nous font mouvoir notre main plutôt à droite qu'à gauche. - 2° Si, même en un sens plus large, nous identifions liberté et indétermination, celle-ci n'étant, comme le remarque LACHELIER, « rien d'actuel », la liberté devient quelque chose de négatif; c'est « un pur néant aux yeux de la conscience »; elle ne saurait donc faire l'objet d'une expérience quelconque. - 3° Si enfin elle est « une faculté positive de nous déterminer à l'un ou à l'autre des deux contraires », il est nécessaire de préciser à quel moment nous aurions conscience d'un tel pouvoir. Serait-ce avant la décision? On pourra toujours objecter que « la conscience n'est pas prophétique » et qu'il nous est impossible de prévoir à l'avance si quelque disposition, motif ou cause extérieure ne viendra pas nous déterminer. Serait-ce après la décision?

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