Sujet : La raison conduit-elle toujours au bonheur ?
Extrait du corrigé : Si chacun est ainsi l'artisan de son propre bonheur, chacun est aussi l'artisan de son propre malheur en s'échappant de soi-même et en abandonnant son bien propre, pour tenter de posséder le bien d'autrui. Le malheur réside donc dans l'hétéronomie : lorsque nous recevons de l'extérieur une loi à laquelle nous obéissons et nous soumettons. Nul ne nous oblige à croire ce quel'on peut dire de nous, en bien ou en mal : car dans un cas nous devenons dépendants de la versatilité du jugement d'autrui, dans l'autre nous finissons par donner plus de raison à autrui qu'à nous-mêmes. Enfin, à l'égard des opinions communes comme des théories des philosophes, ou même de nos propres opinions, il faut savoir garder une distance identique à celle qui est requise dans l'habileté du jeu, c'est-à-dire qu'il faut savoir cesser de jouer en temps voulu. Dans toutes les affaires importantes de la vie, nul ne nous oblige en effet que notre propre volonté. Les Modernes, en faisant de cette notion la condition de l'homme dont les moindres désirs sont réalisés, l'ont réduite à un idéal suspect et chimérique: un pur idéal de l'imagination. Pour Kant, la raison n'est pas la condition du bonheur mais bien la faculté nous amenant à renoncer à la félicité au nom de la morale. Introduction : Le lien entre raison et bonheur est ici le coeur du problème. L'homme est généralement défini comme animal rationnel. Il est donc un être qui possède cette faculté qu'est la raison, au point que cela pourrait poser une entière transcendance entre lui et les autres vivants.
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