Sujet : En quoi toute forme d'esclavage est-elle contraire au droit ?
Extrait du corrigé : L'une des plus brillantes (peut-être effrayante !) est celle de Hegel, qui dénonce l'illusion humaine d'une liberté de droit. En effet, l'homme se croit libre, mais n'est en fait (à l'instar de la pensée héraclitéenne : « Le temps est un enfant déplaçant des pions : la royauté d'un enfant ! ») que le jouet de l'« Esprit » (Geist) se servant de lui pour se réaliser dans le temps et l'espace. C'est ainsi qu'il faut lire sa fameuse dialectique du « Maître et de l'esclave » (Cf. La Phénoménologie de l'Esprit). Celle-ci est fondée sur l'idée que chacun de nous, dans sa rencontre d'autrui, se positionne en s'opposant à autrui. Cette opposition constitutive du moi et d'autrui est naturelle et détermine ainsi les rôles de maître (celui qui n'a pas peur de mourir pour sa liberté) et d'esclave (celui qui préfère vivre au prix de sa liberté) dans cette rencontre fondatrice. Le droit ne sera alors que celui, « objectif », de l' « Esprit » qui doit rendre utiles pour lui, par régulation, ces « luttes à mort » des consciences individuelles s'opposant. Notons que le « Maître » devient à son tour esclave de son esclave car dépendant de lui dans les tâches quotidiennes qu'il effectue pour lui. C'est en ce sens que cette lutte est « dialectique » (elle passe du même à son contraire dans un mouvement évolutif). Le droit vrai, selon Hegel, droit de l'« Esprit », ne va donc pas à l'encontre de cette opposition naturelle entre maître et esclave, elle la fixe bien plutôt en lui donnant sa forme et ses règles.
Corrigé de 1959 mots (soit 3 pages) directement accessible
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