Sujet : A quoi tient le pouvoir des fables : au récit ou à la morale ?
Extrait du corrigé : Partant de l'usage platonicien du mythe, et de la parabole théologique, le recours à la fable répond avant tout à un objectif argumentatif, qui consiste à illustrer le contenu logique de la pensée formulée, soit pour le faire mieux comprendre (visée pédagogique), soit pour permettre le lecteur d'envisager la pensée de l'auteur dans une perspective pratique. La fable des abeilles de Bernard Mandeville utilise ainsi la description imagée d'une ruche pour en tirer une pensée politique, et opposer l'idée d'une propriété définie par sa circulation à la conception commune d'une propriété comme possession. _ La fable se distingue donc par une sensibilité particulière au faite que, si le récit évènementiel est toujours neutre, sa lecture ne l'est jamais. Elle satisfait donc l'attente de l'auditeur qui, tels les disciples de Zarathoustra, cherche spontanément à tirer un enseignement catégorique du récit entendu. La morale ajoute donc au récit un contenu explicitement réflexif. En effet, tandis que le récit merveilleux se déploie autour de thèmes, qu'il décline et qu'il manipule au fil de son évolution, la fable n'emploie les motifs littéraires qu'en tant que déclinaison d'une affirmation centrale. Aussi le lecteur serait-il bien en peine d'attribuer une morale à un conte, qui joue au contraire des niveaux de signification de ses motifs. Comment déterminer si la désobéissance du personnage principal doit faire l'objet d'une critique ou d'une éloge ? (On peut citer la jeune fille du conte Peau d'âne de Charles Perrault). III _ Si on tente d'analyser le rapport du récit à sa morale, on se rend compte que les deux forces à l'oeuvre dans la fable ne sont pas situées à deux niveaux de réalité distincts, mais au contraire que chacune des deux se construit par rapport à l'autre.
Corrigé de 1293 mots (soit 2 pages) directement accessible
Sujets connexes :






Créer un compte Devoir-de-philo
Toutes les notions