Sujet : En quoi consiste l'obligation morale
Extrait du corrigé : Mais une fois placé dans les perspectives de l'idéal moral, le jugement ou le précepte s'impose à moi, et je ne puis le modifier : cette parole que tu vas prononcer, c'est de la pure médisance : tu dois la ravaler ; cet objet que tu vas t'approprier appartient à un autre : tu dois y renoncer. Je n'ai pas liberté de juger autrement ; je suis nécessité à juger ainsi. Mais une fois porté ce jugement ou cet ordre, je conserve la possibilité ou le pouvoir psychologique et physique d'exécuter le dessein que condamne ma conscience. Ce que je n'ai plus, c'est le droit moral de le réaliser. En d'autres termes, l'obligation supprime la liberté morale, c'est-à-dire le « licet » que donne la conscience morale ; elle ne supprime pas la liberté psychologique. Au contraire, elle la suppose : celui qui serait nécessité ne pourrait être obligé. B. La proposition suivante est donc plus vraie : si je suis obligé, c'est que je suis libre. On n'a pas en effet à donner des ordres aux êtres qui sont nécessités : le physicien et l'ingénieur se contentent de réaliser les antécédents qui, d'après leurs calculs, amèneront le résultat qu'ils veulent atteindre, et ce résultat se produit de lui-même, nécessairement. L'obligation n'a de sens que dans le cas où, certaines circonstances étant données, plusieurs résultantes peuvent être obtenues par un mystérieux pouvoir de choix de celui qui agit : l'obligation suppose donc la liberté, c'est-à-dire le pouvoir psychologique de choisir ; elle ne supprime que le droit moral de faire un choix différent de celui qui est ordonné.
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