Sujet : Y a-t-il quelque chose qui puisse valoir qu'on lui sacrifie sa vie ?
Extrait du corrigé : Cela revient à dire que cette loi provient de ma propre volonté, pour autant qu'elle se libère de tous les motifs sensibles et de tous les intérêts égoïstes. Ainsi le loi morale me révèle comme personne, cad comme être raisonnable. On peut même dire, ajoute Kant, que cette loi vaut pour tous les êtres raisonnables : cad pas seulement pour les hommes. Si l'on pense à Dieu, ou à un pur esprit, alors nous le pensons comme respectant la loi morale qui ne me prescrit rien d'autre que d'agir comme si ma maxime devait être érigée en règle ou en loi pour tous. Mais précisément dans la mesure où cette loi peut s'opposer à mes mobiles égoïstes, elle prend pour l'homme la forme d'un impératif, d'une contrainte, de quelque chose qui s'impose à ma volonté en malmenant mes intérêts sensibles. C'est un « impératif catégorique ». Quand j'agis par pur respect de la loi morale, je n'agis que sous la décision de ma propre volonté, comme être autonome, se donnant ses propres lois. Agir de façon différente, en faisant droit à mes motifs sensibles, égoïstes, c'est recevoir ma règle d'action d'ailleurs, de mes instincts, de ma sensibilité, c'est agir de façon « hétéronome ». Ainsi le devoir, le respect de la loi morale, permet de ma comprendre comme membre d'un « règne des fins », comme appartenant à une communauté d'êtres raisonnables, soumis à ses propres lois. Bref comme une personne, et non une chose, comme pourvu d'une dignité et non d'un prix.
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