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Sujet : La politique peut-elle être morale ?

Extrait du corrigé :                                                            Montesquieu, De l'esprit des lois, livre XI, chapitre 4   ·         La solution réside dans la séparation des pouvoirs. Ainsi, bien qu'on ne puisse pas modifier le fait que tout pouvoir tend à abuser de son pouvoir, chaque pouvoir est en permanence confronté à un contre-pouvoir. La moralité ou le vice des dirigeants, qui se confondent puisqu'ils outrepassent tous les deux le respect des droits une fois au pouvoir, sont ainsi contenus. Transition : Nous voyons que les abus de pouvoirs rendent peu souhaitable la moralité des politiques. Le mieux est qu'ils soient moralement neutres, et que nous ne jugions que leur travail. Mais nous avons passé sur la question suivante : la moralité est-elle seulement possible dans la fonction politique ?   III – La fonction politique rend la morale impraticable au dirigeant politique «Il n'est donc pas absolument nécessaire qu'un Prince ait toutes les bonnes qualités dont nous avons parlé jusqu'ici ; mais il est nécessaire qu'il paraisse les avoir. Je dirai même que s'il les mettait en usage, elles lui nuiraient ; mais elles lui serviront, si on est seulement persuadé qu'il les a. Il est par conséquent nécessaire de paraître pitoyable, fidèle, doux, religieux et droit ; et il faut l'être en effet ; mais il faut rester assez maître de soi pour se montrer tout différent si c'est nécessaire. Je suis persuadé qu'un Prince, et surtout un Prince nouveau, ne peut impunément exercer toutes les vertus, parce que l'intérêt de sa conservation l'oblige à agir contre l'humanité, la charité et la religion.

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