Sujet : La philosophie prémunit-elle contre l'illusion ?
Extrait du corrigé : Le désir de philosophie prend donc sa source dans la prise de conscience que nous vivons dans l'illusion, prise de conscience que les dialogues menés par Socrate provoquent. La connaissance philosophique prémunit contre cette illusion en donnant accès à l'essence véritable de chaque chose et au bien, qui rend impossible le désir de se tromper soi-même. 2° La philosophie qui combat l'illusion est la plus asservissante des illusions La pensée de Nietzsche opère un renversement des valeurs attachées à la philosophie et à la morale traditionnelles depuis Platon, et parmi elles, de la philosophie comme recherche d'une vérité transcendante. Une telle philosophie, en affirmant qu'il existe une vérité unique au-delà des apparences, maintient l'homme dans une illusion affaiblissante et asservissante, celle de l'existence d'un « arrière monde » fondant une morale du renoncement à l'affirmation de la vie et du corps. La véritable philosophie, celle du surhomme, consiste à mettre fin à cette illusion métaphysique pour la remplacer par des illusions positives : il n'y a pas de vérité unique, seulement des interprétations, des apparences, au sein de ce monde sensible qui est le seul à exister. La volonté de puissance, qui est affirmation des valeurs authentiques de la vie et du corps, va de pair avec l'affirmation du pouvoir créateur de l'illusion: l'art est ainsi le fruit d'une illusion qui s'affirme comme illusion. La véritable philosophie prémunit contre l'illusion qu'est la philosophie de la vérité, et affirme donc la positivité de ce qui était pour cette philosophie des illusions négatives. 3° La philosophie admet certaines illusions, ancrées dans un besoin humain La philosophie de nietzsche veut mettre fin à l'illusion d'un arrière-monde transcendant et affirmer la valeur des apparences, mais l'ampleur de cette illusion ne montre-t-elle pas qu'elle a sa source dans un besoin de l'homme de ne pas se contenter du monde sensible ? La perspective critique de Kant, qui s'interroge sur les conditions de possibilités et les limites des facultés humaines, met en avant l'existence d'illusions constitutives de la Raison : nous ne pouvons connaître que les phénomènes sensibles, et non les choses en soi, mais la Raison a pour nature de vouloir connaître ces choses dont on ne peut prouver l'existence : Dieu, le monde comme totalité et l'âme. La Raison forme ainsi des Idées, qui sont des concepts qui ne correspondent à aucune intuition sensible : elle s'illusionne donc si elle pense connaître ces objets, alors qu'elle ne peut que les penser.
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