Sujet : La philosophie peut-elle dépasser son temps ?
Extrait du corrigé : Elle prête le flanc aux entreprises de disqualification de la philosophie elle-même.* Le malentendu concernant la raison d'être de la philosophie et son sens par rapport à une époque déterminée n'est-il pas révélateur d'une «situation» de renoncement à l'exigence critique, voire de léthargie collective? Lorsqu'une société renonce à réfléchir sur elle-même et se croit tenue de disqualifier l'exigence critique en l'assimilant à quelque chose de dépassé, n'y a-t-il pas lieu de s'inquiéter? De fait, pragmatisme obscurantiste, scientisme et technocratie se rencontrent souvent dans une commune condamnation de la philosophie, assimilée soit à une spéculation «inutile », soit à une hypothèse idéologique, soit encore à une vaine prétention.Définition Scientisme : attitude qui consiste à vouloir résoudre les problèmes philosophiques par la science.Quelles thèses plus ou moins discutables sont en jeu dans la question?* Refuser à la philosophie le pouvoir de dépassement qu'elle revendique ou semble revendiquer, ce peut être s'obstiner à confondre le résultat et la démarche. Parler de la philosophie comme activité réflexive (le «philosophe ») à finalité critique est une chose; évoquer des philosophies, ou représentations constituées comportant des thèses définies sur tel ou tel point en est une autre. Aucune véritable philosophie n'est concevable sans une procédure explicite de validation des démarches réflexives, et partant des thèses auxquelles elles peuvent aboutir. Recenser des «opinions philosophiques» coupées de leurs démarches productrices, ce n'est plus faire de la philosophie, mais tout simplement dresser une doxographie.
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