Sujet : PEUT-ON VOULOIR CE QUE L'ON NE DÉSIRE PAS ?
Extrait du corrigé : Mais il faut comprendre qu'une fois que j'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir, je ne peux plus rien désirer. L'inverse serait croire que le destin ou le monde peuvent s'ordonner selon mes désirs, serait demander que les choses arrivent comme je le désire, ce qui est absurde. C'est demander l'impossible ou se prendre pour un Dieu qui aurait tout pouvoir sur le monde. J'ai tout pouvoir sur mes pensées, mais le résultat de mes actions ou de mes actes ne dépend pas entièrement ni absolument de moi, il dépend de l'ordre entier de l'univers qui m'échappe. Appliquer cette règle difficile, c'est selon Descartes parvenir à ce que « nous ne désirons pas davantage être sains, étant malades ou être libres, étant en prison, que nous ne faisons maintenant d'avoir des corps d'une matière aussi incorruptible que les diamants [...] Mais je crois qu'il est besoin d'un long exercice et d'une méditation souvent réitérée, pour s'accoutumer à regarder de ce biais toutes les choses. » La maxime de Descartes reprend des stoïciens : « Changer ses désirs plutôt que l'ordre du monde » s'est vue opposer en mai 68 le fameux « désirez l'impossible ». Soucieux de mettre l'individu à l'abri des coups du sort, de lui épargner les désirs et les remords inutiles, Descartes tend à nous dire qu'il faut « aimer le réel » ou du moins l'accepter, une fois qu'on a fait ce que l'on pouvait. Cette règle de conduite extrêmement exigeante doit d'abord nous rappeler que les conséquences de nos actes et de nos décisions nous échappent, ne dépendent pas entièrement de nous, que nous sommes pris dans un réseau d'actions qui modifient nos initiatives, nos projets, nos désirs. La morale des stoïciens donne comme « solution » un retrait orgueilleux dans la maîtrise de la pensée, un désinvestissement du monde.
Corrigé de 4783 mots (soit 7 pages) directement accessible
Sujets connexes :






Créer un compte Devoir-de-philo
Toutes les notions