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Sujet : Peut-on subordonner les droits de l'homme à la raison d'État ?

Extrait du corrigé : Il se justifie en affirmant, par exemple, que respecter les droits de l'homme nuirait à l'efficacité de la lutte anti-terroriste. Ainsi, on subordonne alors, en droit (positif), les droits (naturels) de l'homme à la raison d'Etat.   - Bien que ces violations des droits de l'homme soient entérinées par la loi, les citoyens se doivent de dénoncer un tel « état d'exception » (cf. Antigone de Sophocle, les « lois naturelles et non écrites »). En effet, une démocratie qui accepte de suspendre l'état de droit lorsqu'il s'agit d'une catégorie déterminée de personnes (fût-elles « terroristes ») se met immanquablement en danger elle-même, puisqu'elle perd ce qui précisément la caractérisait : le respect de l' « état de droit » et donc des droits de l'homme (cf. Jacques Derrida, Etat voyou, 2003).   - C'est ce paradoxe que souligne Zola lors de l'Affaire Dreyfus. Sacrifier un Juif innocent sur l'autel de la Patrie, ce n'est pas causer du tort uniquement à un individu transformée en bouc émissaire, mais renier les droits de l'homme. A travers l'injustice exercée envers un seul, c'est l'humanité entière qui est affectée. S'il s'agit effectivement de l'intérêt du Tout, alors la morale utilitariste implicitement mise en œuvre par les Encyclopédistes se révèle inopérante : les cas d'erreurs judiciaires montrent que ce n'est pas simplement la victime directe qui pâtit du non-respect des droits de l'homme, mais l'ensemble du système judiciaire, politique et social.

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