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Sujet : Peut-on penser sans être conscient ?

Extrait du corrigé : , puisque nous ne nous ressouvenons pas même de plusieurs pensées que nous savons fort bien avoir eues étant adultes, sains & éveillés... » (idem)Autrement dit, pour Descartes, l'âme pense toujours, mais e garde pas le souvenir de toutes ses pensées. Pour qu'il y ait souvenir de quelque chose, il faut d'abord que cette chose ait été perçue par notre esprit, que cette perception ait laissé une trace dans le cerveau (comme un cachet laisse une empreinte dans la cire), que cette trace suscite la réapparition de la chose à la pensée ; enfin, lorsque la chose se présente pour la seconde fois, la pensée doit reconnaître « que cela se fait parce qu'elle a été aperçue auparavant par nous ». Or, une perception antérieure n'est pas toujours reconnue comme souvenir : « Souvent ainsi se présentent à l'esprit des poètes des vers qu'ils ne se sont pas rappelés avoir jamais lus chez d'autres, qui cependant ne se présenteraient pas tels à leur esprit s'ils ne les avaient pas lus ailleurs. » (« Lettre à Arnauld » du 29 juillet 1648).Pour qu'une perception antérieure soit reconnue comme appartenant à notre passé, il faut qu'au moment de sa première inscription elle ait été perçue comme nouvelle. La mémoire, chez Descartes, suppose donc une inscription cérébrale mais aussi une opération de l'entendement qui juge que la chose perçue est nouvelle. Or, l'âme de l'enfant n'a pas cette capacité de réflexion de l'entendement. C'est pourquoi les pensées des embryons donnent lieu seulement à réminiscence et non à un souvenir : «Dans l'âme de l'enfant, je suis persuadé qu'il n'y a jamais eu d'intellection pure, mais seulement des sensations confuses : et bien que ces sensations confuses laissent dans le cerveau certaines de leurs traces qui y demeurent toute la vie, ces traces ne suffisent cependant pas pour nous faire reconnaître que les sensations qui nous surviennent étant adultes sont semblables à celle que nous avons eues dans le ventre de notre mère, et pour que nous en ayons ainsi le souvenir ; parce que cela dépend d'une certaine réflexion de l'entendement ou de la mémoire intellectuelle dont il n'y a pas eu d'exercice dans le ventre de la mère. » (Idem).

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