Sujet : Peut-on être indifférent à la beauté ?
Extrait du corrigé : C'est pourquoi l'amour des belles sciences, qui vient après celui des beaux corps est un progrès vers la connaissance de l'Idée, puisque les sciences sont intelligibles et moins incarnées dans la matière que les corps. Le dernier degré de l'amour, celui que peut atteindre par exemple le philosophe, amoureux du Bien et du Beau, puisque son titre signifie précisément « amoureux de la sagesse », est celui où l'on pourra enfin contempler le Beau dans toute sa pureté intelligible. Cette dernière expression signifie que cette contemplation se fera non pas avec l'oeil mais avec l'esprit ou, comme l'écrivait Platon, avec l'intelligence ou « oeil de l'esprit ». Il contemplera alors une réalité qui ne possède aucun des caractères de la matière sensible, une « beauté qui ne se présentera pas à ses yeux comme un visage, ni comme des mains, ni comme une forme corporelle ». Elle ne se présentera pas même « comme un raisonnement, ni comme une science », lesquels, malgré leur abstraction, restent encore trop pris dans le domaine du sensible auquel ils se réfèrent. Cette beauté, purement intelligible, nous permet enfin de sortir de la relativité des jugements que ses incarnations sensibles suscitaient auparavant. Alors que la beauté des corps est toujours relative à ce à quoi on la compare, comme l'avait montré le dialogue de Platon intitulé Hippias (la beauté d'un humain est relative à celle d'autres humains et inférieure à celle d'une déesse), il se trouve aussi toujours des personnes pour affirmer laid ce qu'une autre trouvera beau. Or, la beauté intelligible échappe à cette relativité car elle n'est pas matérielle : « beauté qui n'est point belle par un côté, laide par un autre, belle en un temps, laide en un autre, belle sous un rapport, laide sous un autre, belle en tel lieu, laide en tel autre, belle pour ceux-ci, laide pour ceux-là ». On dira alors qu'elle n'est pas relative mais absolue. Ce à quoi s'oppose cet extrait: Ce discours de Diotime décrit une expérience qui n'est pas sans rappeler l'ascension de l'esprit vers l'Idée du Bien que décrivait Platon dans l'allégorie de la caverne.
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