Sujet : Peut-on dire que la pensée dépend de nous ?
Extrait du corrigé : B. - La même liberté est accordée à l'égard des impulsions du sentiment, pour peu que nous sachions faire la distinction que nous rappelle MALE-BRANCHE. Il est équivoque de dire qu'il faut « aller au vrai avec toute son âme ». En matière intellectuelle, nous pouvons - et devons - chercher la vérité avec toute la lucidité de notre intelligence en veillant à ce qu'elle ne soit pas troublée par l'intérêt ou la passion; et c'est seulement quand, après avoir fait cet effort de dépouillement, nous croyons sincèrement l'avoir trouvée, que nous 'pouvons l'embrasser « avec l'âme tout entière ». C. - Il est donc bien vrai que nous pouvons être maîtres de nos croyances et que le jugement dépend de notre volonté. Ceci ne signifie pas, bien entendu, que nous pouvons croire ce que nous voulons, à notre fantaisie. Le rôle de la volonté est double : 1° Négativement, il est, comme on vient de voir, d'écarter toutes les influences troublantes, celles du milieu social, celles de la sensibilité, etc.; 2° Mais la volonté a aussi un rôle positif, qui se ramène en somme à celui de l'attention. Le jugement est un acte de synthèse, dans lequel l'esprit doit, comme le dit encore MALEBRANCHE, « voir tout d'une vue un fort grand nombre de rapports que deux ou plusieurs choses ont entre elles » .
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