Sujet : Peut-on se dégager des illusions de la conscience ?
Extrait du corrigé : 3.2 La méfiance vis-à-vis de la conscience permet de la juger plus rigoureusement et d'en faire un meilleur usage. « Nous avons toujours des objets qui frappent nos yeux ou nos oreilles, et par conséquent l'âme en est touchée aussi, sans que nous y prenions garde, parce que notre attention est bandée à d'autres objets, jusqu'à ce que l'objet devienne assez fort pour l'attirer à soi en redoublant son action ou par quelque autre raison ; c'était comme un sommeil particulier à l'égard de cet objet-là, et ce sommeil devient général lorsque notre attention cesse à l'égard de tous les objets ensemble [...] Toutes les impressions ont leur effet, mais tous les effets ne sont pas toujours notables; quand je me tourne d'un côté plutôt que d'un autre, c'est bien souvent par un enchaînement de petites impressions, dont je ne m'aperçois pas, et qui rendent un mouvement un peu plus malaisé que l'autre. Toutes nos actions indélibérées sont des résultats d'un concours de petites perceptions, et même nos coutumes et passions, qui ont tant d'influence dans nos délibérations, en viennent : car ces habitudes naissent peu à peu, et par conséquent sans les petites perceptions on ne viendrait point à ces dispositions notables [...] En un mot, c'est une grande source d'erreurs de croire qu'il n'y a aucune perception dans l'âme que celles dont elle s'aperçoit. » LEIBNIZ, Nouveaux essais, II 1. CONCLUSION A la question « Peut-on se dégager des illusions de la conscience ? » la réponse est affirmative mais nécessite de la part de l'individu un regard critique sur lui-même et la prise en compte de la validité d'un regard extérieur. La remise en cause du pouvoir de la conscience ne consiste qu'à délimiter son domaine d'action en laissant la porte ouverte à l'inconscient.
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