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Sujet : peut-on connaître autrui?

Extrait du corrigé :   b)     Fondement anthropologique de la sympathie La définition humienne de la sympathie repose sur un présupposé anthropologique grâce auquel on peut comprendre que je ne sois pas inéluctablement coupé des autres. Ainsi, l'intérêt de cette conception = je suis à la fois autre (je conserve ainsi mon individualité) et semblable (je ne suis pas coupés des autres). Voyons pourquoi.       Au travers de la sympathie, je communique avec autrui dans la mesure où autrui et moi sommes également des êtres passionnels : « les passions sont si contagieuses qu'elles [...] produisent des mouvements correspondants dans tous les corps humains ». Ainsi, je peux connaître autrui pour autant que celui-ci est capable de m'affecter. De plus, ce qui faisait obstacle chez Descartes, fait office de « tremplin » chez Hume : le corps d'autrui est non ce qui m'empêche de connaître autrui, mais au contraire, sans ce corps et son identité au mien, je serais effectivement séparé d'autrui. On voit donc que ne pas connaître autrui ne vient pas d'une impossibilité métaphysique mais relève d'une posture : celui qui se sent isolé est celui qui ne sympathise pas (qui est imperméable aux passions d'autrui)   c)      Fonctionnement de la sympathie Hume dit bien que le point de vue de l'autre n'est pas le mien, mais le devient. Ainsi, il ne nie pas que l'autre soit autre et que je sois moi ; mais il soutient que les passions ressenties « opèrent sur nous en contrariant ou en augmentant nos passions exactement de la même manière que s'ils provenaient originellement de notre disposition et de notre tempérament ». Autrement dit, je peux ma faire une idée de l'intériorité de l'autre, mais une idée qui n'est pas inférieure à celle que j'ai de mes propres expériences.

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