Sujet : Peut-on concevoir la liberté sans l'existence d'une loi morale?
Extrait du corrigé : Question inverse de la précédente. Celle-ci demandait si la loi morale implique la liberté. Ici on demande si, de son côté, la liberté n'impliquerait pas la loi morale. Pour bien comprendre la question il n'y a qu'à étudier attentivement les deux hypothèses qu'elle propose : 1° je suis libre, c'est-à-dire que j'ai le pouvoir, entre plusieurs résolutions, de choisir celle qui me plaît, et, une autre fois, dans les mêmes circonstances, d'en choisir une autre. Cela étant, je ne trouve en moi aucun commandement, aucune obligation, aucune idée d'un devoir; la distinction entre actes bons et mauvais n'existe pas; tout est indifférent; 2° je suis libre encore, mais ma liberté est réglée dans son exercice par un impératif qui m'ordonne, au nom de la raison, de faire tels actes, de m'abstenir de tels autres. (Des exemples sont indispensables, dans les deux cas.) Il est facile de montrer que la première conception présente de la liberté une idée fausse : celle d'une détermination absolument ambiguë, indépendante des motifs, irrationnelle, bref la liberté d'indifférence, c'est-à-dire le déterminisme le plus rigoureux; Que la seconde hypothèse, au contraire, nous donne de la liberté une notion juste, celle de la détermination rationnelle, réfléchie, consciente. Qu'au surplus l'action de l'obligation sur la volonté n'est ni contraignante, ni fatale, puisqu'elle est réfléchie, puisque enfin, dans la pratique, on peut, s'en affranchir, agir dans un autre sens; que la liberté demeure ainsi entière. L'indépendance désigne la liberté « sans entrave » et la valorisation de l'absence de contraintes dans la conduite ou le choix. L'autonomie désigne le fait que le sujet se régisse ou se détermine par ses propres lois.
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