Sujet : Peut-on attribuer à l'homme un désir d'éternité ?
Extrait du corrigé : C'est en sens que Platon définit la sagesse comme le fait « d'apprendre à mourir ». Le désir peut donc bien prendre pour objet l'éternité, en tant qu'elle est la perfection qui manque à l'homme dans sa condition sensible, et qui constitue la destination de son âme. 2° Le désir d'éternité provient de l'intime expérience que nous sommes éternels Comme nous l'avons déjà suggéré, si l'on définit l'objet du désir comme ce qui nous manque essentiellement, peut-on dire que ce désir, à savoir le désir de l'éternité, est un véritable désir, s'il ne connaît pas son objet ? Pour Platon, dans la mesure où l'âme provient du monde intelligible, s'élever vers l'éternité consiste à se souvenir de notre vie intelligible, mais il n'en reste pas moins que l'éternité n'est pas accessible comme telle dans notre vie sensible. Ne peut-on alors soutenir qu'on ne peut attribuer de véritable désir d'éternité à l'homme que si celui-ci possède, dès cette vie, une expérience de sa destination éternelle ? Spinoza définit le désir comme le propre de l'homme, il est ce qui le pousse à persévérer dans son être, c'est-à-dire à accroître sa puissance de vie. Notre entendement a la capacité d'accéder à la connaissance de ce qui est nécessaire et éternel, et nous faisons ainsi l'expérience que notre esprit est éternel, c'est-à-dire qu'il peut s'unir à la connaissance divine. Le désir d'éternité n'est pas dans cette perspective désir de ce qui manque essentiellement à notre condition, il est désir d'atteindre la perfection dans cette vie même en nous unissant à la puissance divine qui détermine toute chose. Désirer l'éternité n'est donc pas désirer ce qui manque à notre condition, mais coïncide au contraire avec le désir d'accroître notre puissance de vie, car c'est par la connaissance de ce qui nous détermine que nous faisons à la fois l'expérience de l'éternité et d'une augmentation de notre puissance de vivre et d'agir. 3° L'homme ne peut s'échapper du temps Ne peut-on cependant dire qu'accéder dès cette vie à une expérience d'éternité, qui donnerait sens à notre désir d'éternité, est contradictoire, au sens où sortir du temps semble contradictoire avec la condition humaine elle-même ?
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