Sujet : Peut-on affirmer que le monde a un ordre ?
Extrait du corrigé : Plan I- L'ordre : une propriété intrinsèque du monde · Deux types de pensée philosophique affirment que le monde a, de manière essentielle et ontologique, un ordre, à savoir d'un côté les finalistes et les mécanismes. · Ordre finalisé : Platon raconte dans le Phédon comment Socrate avait été d'abord enthousiasmé par ce qu'il avait entendu dire de la philosophie d'Anaxagore (présocratique) qui affirmait que « c'est l'Intelligence qui a tout mis en ordre, c'est elle qui est la cause de toutes choses ». Il s'agit bien entendu ici d'une intelligence démiurgique, intelligence à laquelle on doit la création du cosmos selon des lois qui forme un dessein. C'est cette intelligence initiale, créatrice du cosmos, qui fait que l'intelligence humaine, pour saisir cet ordre finalisé de la nature, doit a fortiori procéder par ordre, à savoir, on l'a vu, celui de la méthode. Pourtant, Socrate est dessus en poursuivant la lecture d'Anaxagore car si l'intelligence intervient bien au début pour mettre en branle une sphère primitive du monde, tous les mouvements du monde qui suivent, quant à eux, sont expliqués par des causes matérielles, par « l'action de l'air, de l'éther, de l'eau, et mille autres causes déconcertantes. » (Phédon, 99b-100d) ® Il ne faut pas confondre les conditions matérielles de l'advenue d'une chose et la raison véritable pour laquelle elle advient. De même que c'est mon intelligence qui est la véritable cause de ma conduite en poursuivant ce qui lui paraît le meilleur, de même la véritable cause de tout ce qui existe dans le monde est une intelligence divine qui ordonne le monde de la meilleure manière possible. C'est ainsi que le démiurge du Timée, s'inspirant d'un modèle de perfection constitué par les Idées qui lui préexistent, a façonné et ordonné en géomètre le monde de telle sorte qu'il ressemble le plus possible à son modèle : « Le Dieu a voulu que toutes choses fussent bonnes : il a exclu, autant qu'il était dans son pouvoir, toute imperfection, et ainsi, toute cette masse visible, il l'a prise, dépourvue de tout repos, changeant sans mesure et sans ordre, et il l'a amené du désordre à l'ordre » (Timée 30a) · Pourtant, cet ordre final, comme œuvre de l'intelligence, laisse donc en suspend, dans le monde réel et sensible, càd dans le monde dans lequel nous vivons, la possibilité d'une réalisation parfaitement ordonnée du plan divin. C'est ce qui dès continue de faire difficulté : car nous sommes des êtres, certes intelligents, mais aussi et autant des êtres sensibles. Sommes-nous alors condamnés à ne jamais vraiment et parfaitement à retrouver l'ordre parfait de l'être par excellence, et donc condamné par-là même a ne jamais embrassé la totalité d'un savoir absolu sur le monde.
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