Sujet : Les peuples ont-ils les gouvernants qu'ils méritent ?
Extrait du corrigé : L'Un ne dispose pas d'autre pouvoir d'asservissement que celui qui lui est concédé de nuire aux peuples. La servitude de l'Un admet-elle sa suppression ? Oui, le peuple peut rompre avec elle, non seulement il le peut grâce à sa force, mais il s'en délivre parfois. D'où naît cependant qu'il ne réussit pas toujours ses révoltes ? Ici s'inaugure une conjecture ouvrant sur une critique de la domination, renonçant ostensiblement à l'annonce d'un régime parfait. La Boétie découvre un rapport essentiel au politique : la politique s'instaure sur une division qui la fonde. Cette division produit de la force (les alliés du roi) simultanément à l'efficacité d'un imaginaire. La sujétion résulte d'une approbation. Soit selon la voie d'une servitude par excuse : le peuple n'accuse pas le roi de méfaits, seulement ses ministres, chacun exceptant le prince de l'accusation, préférant croire que le pouvoir est bon, quoique détourné par les ministres. Soit, selon la voie d'une servitude recouvrant une « volonté de servir ».
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