Sujet : Penser autrui comme notre semblable : sur quoi faut-il fonder cette exigence ?
Extrait du corrigé : Quatrième partie : « Respecter son semblable » a) Sur le plan moral, l'usage de la notion de semblable dans des formules comme : « il faut respecter, secourir, etc., son semblable », met aussi l'accent sur la solidarité des personnes, l'appartenance de tous à une même humanité, alors que le concept d'autrui (« les autres... ») peut connoter l'égoïsme, le refus individuel ou collectif de l' « étranger ». Rousseau écrit par exemple que la pitié est une « répugnance naturelle à voir périr ou souffrir (...principalement nos semblables » (préface du Discours sur l'inégalité). b) La morale de Kant nous demande également de parler d'autrui comme d'un semblable : le devoir moral est en effet l'oeuvre de la Raison pratique en moi, et commande que je respecte l'autre en tant qu'il est aussi une personne, un être capable de se déterminer par Raison. Cf. la seconde formule de l'Impératif catégorique : il faut traiter « l'humanité, en soi-même comme en autrui, toujours comme une fin et jamais simplement comme un moyen » (Fondements, II). c) Dans la tradition judéo-chrétienne, nous trouvons déjà cette idée, sous une autre forme. Dans la mesure où les hommes ont pour caractère essentiel d'être les fils d'un père commun, Dieu, créatures faites à l'image de leur créateur, ils sont radicalement « nos semblables ».
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