Sujet : La passion est-elle toujours et nécessairement nuisible ?
Extrait du corrigé : La liberté suppose réflexion critique et assez de connaissances pour distinguer le vrai du faux. Le remède aux passions, dans cette perspective, sera la méditation et la réflexion sur le rapport entre le monde et nous-mêmes. Ainsi nous pourrons passer de la connaissance du premier genre, passive et comme subie par nous (empirique ou passionnée) à celle du second genre qui est scientifique et à celle du troisième qui nous permet d'accéder à la substance divine « cause de soi » c'est-à-dire à une connaissance métaphysique et absolue.Mais on ne peut pas parler encore de véritable thérapeutique des passions. La solution de Spinoza est métaphysique et aboutit à une prise de conscience de l'absolu que le sage seul peut espérer atteindre. Nous sommes loin semble-t-il de cette réalité quotidienne des passions.La psychanalyse, à propos, il est vrai, de cas pathologiques, a jeté les bases d'un nouveau « traitement » des passions.Freud a dégagé non pas seulement l'existence de pulsions instinctives, mais bien plutôt le conflit de ces pulsions avec des données plus ou moins rationnelles, par exemple les impératifs sociaux qui précisément vont « censurer » la pulsion, donnant ainsi naissance aux « complexes ». Le fait affectif ne se présente jamais à l'état pur, mais toujours comme une dualité de l'instinct et de la raison. La guérison du passionné morbide ne sera donc pas obtenue en le « raisonnant »; l'analyste utilisé comme catalyseur permettra au malade d'apercevoir clairement sa désadaptation et aussi le libérera d'un certain nombre de craintes confuses et irrationnelles.
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