Sujet : La passion est-elle une excuse ?
Extrait du corrigé : Aucunes de celles-ci ne sauraient dès lors être justifiées ou excusées par la passion. 2- Ambiguïté et complexité de la passion S'arrêter à cela semble pourtant insuffisant. Soit on sous-estime la force de la passion, soit on surestime le pouvoir de la raison. Dans tout les cas, on nie le caractère complexe et insidieux de la passion, qu'il faut à présent chercher à cerner mieux. Continuant avec l'exemple de la passion du jeu, comme l'ont décrit avec brio des auteurs comme Dostoïevski (Le joueur) ou encore Stephan Zweig (24 heures dans la vie d'une femme), on doit dire tout d'abord que le joueur n'est pas un simple amateur de sensations fortes irresponsable qui aime être grisé. C'est au contraire une personne tellement attachée à la passion du jeu qu'elle finit elle-même par ne plus en être que l'illustration. Son désir de jouer, toujours plus fort, lui procure pourtant une insatisfaction essentielle et permanente, ce qui semble contradictoire. En fait, si la réalisation de ce désir ne comble pas le passionné, c'est que ce processus complexe est l'expression du mode d'être par lequel le joueur perçoit le monde et s'y rapporte. Et cela n'est pas sans souffrance. Étymologiquement, « passion » vient en effet du latin patior, qui signifie « souffrir », « pâtir ».
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