Sujet : Y a-t-il un paradoxe de la représentation ?
Extrait du corrigé : La représentation-copie ne représente donc jamais les choses, mais les donne à voir d'une certaine manière ; en somme, elle les réalise (cela vaut pour la photographie, qui subit de nombreux réglages : lumière, temps de pose, etc.). III – Paradoxe de la représentation et théorie esthétique Ainsi, la représentation est le lieu d'un paradoxe plus intime que le premier que nous avons cru déceler : alors qu'elle semblait fonctionner à partir des pôles modèle/image, original/copie, chose représentée/chose représentante, la représentation nous apparaît comme active. Elle n'est plus ce qui représente la chose, au double sens de la rendre présente en son absence et de la reproduire fidèlement, mais elle est ce qui l'indique et la soumet à notre regard. Or, ce paradoxe est fondamental pour les théories esthétiques. En effet, il n'est plus désormais possible de considérer l'art comme imitation du réel. Même l'art figuratif, censé le reproduire, prend une autre tournure. Prenons, par exemple, la notion de paysage. Jusqu'au 19ème siècle, la nature était uniquement considéré comme l'environnement de l'homme : lieu de passage pour le voyageur, lieu de travail pour le paysan, etc. Or, c'est son émergence au sein de la production artistique, qui a conféré son importance au paysage : celui-ci est devenu source de contemplation et de recueillement, objet d'un intérêt croissant.
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