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Sujet : L'objectivité en histoire a-t-elle des limites ?

Extrait du corrigé : L'historien se projette dans l'histoire avec ses valeurs et ses passions. Il ne saurait survoler l'histoire, la constituer du point de vue de Sirius, car il est homme lui-même, il vit dans l'histoire, il appartient à une époque, à un pays, à une classe sociale. Il est lui-même prisonnier du cours de l'histoire. L'histoire science (l'  « Historie » disent les Allemands) est un acte de l'historien et cet acte lui-même un événement historique, il appartient à la réalité historique (« Geschichte »). C'est pourquoi toute science historique, elle-même moment de l'histoire, serait condamnée à une relativité, à une subjectivité irrémédiable : « La conscience de l'histoire est une conscience dans l'histoire. »          Ceci exclut toute possibilité de tirer de l'histoire des « leçons ». Car l'historien ne tire pas sa philosophie ou sa morale de ses connaissances historiques. Tout au contraire il constitue sa vision de l'histoire à partir de perspectives philosophiques, morales politiques qui la précèdent et se projettent en elle. Il en est de l'histoire comme de la mémoire individuelle ; c'est à partir des « visées », des projets présents –dirigés vers l'avenir- que les individus et les peuples reconstituent leur passé. L'histoire subjective serait donc inévitable- et par là même, osaient dire les historiens allemands au temps du nazisme, légitime.

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