Sujet : La morale est-elle la science du bonheur ?
Extrait du corrigé : II. ANTITHÈSE : La morale se désintéresse du bonheur : elle n'est que la science du bien. - Pour fixer quelle doit être la conduite de l'homme, elle n'a pas à prévoir les conséquences heureuses ou malheureuses qui en résulteront pour lui. La grande maxime de la morale est : fais ce que dois, advienne que pourra.Cette formule rappelle immédiatement l'idée Kantienne de l'impératif catégorique. Premier rapprochement à faire, mais aussi précision à établir : le point commun est bien l'idée que le devoir s'impose absolument; mais Kant insiste autant et plus sur cette autre idée que la notion de devoir se suffit à elle-même, idée que la formule proposée n'implique pas. La formule est par contre très voisine de celle de Corneille : « Faites votre devoir, et laissez faire aux dieux », et ce nouveau rapprochement fait ressortir l'idée qu'il y a lieu de négliger les conséquences lointaines, pour songer uniquement à l'impératif présent : se soumettre à des décrets qui nous dépassent, c.-à-d., plus ou moins nettement, fatalisme. Mais pour que l'application de cette idée soit possible, il faut admettre que nous connaîtrions sans équivoque ce qu'est notre devoir.
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