Sujet : La morale posule la liberté, la science réclame le déterminisme: peut-on concilier ces exigences ?
Extrait du corrigé : Mais on fera remarquer que ces thèses ne sont autre chose qu'une négation de la science, car si limité que soit l'indéterminisme il ne permet plus de définir rigoureusement les séries de phénomènes, et la science devient un artifice d'exposition, et non plus l'expression d'un réel. Il faudrait pouvoir établir, comme veut le faire la microphysique contemporaine, que l'indéterminisme est réclamé par la science, et entre dans sa constitution même : en raison de la dépendance entre le contenu du monde physique et nos constatations, on raison aussi des limitations réciproques que s'imposent les Cléments de représentation du réel (par ex. ondes et corpuscules). Mais il est a noter que l'indétermination n'est qu'un moyen de calcul. On cherche les conditions d'un déterminisme qui apparaît à l'échelle de notre perception habituelle, et ainsi l'indéterminisme se montre comme l'artifice, provisoire peut-être, d'une science à, un échelon nouveau de son progrès. On devrait donc venir franchement à une altitude de négation; sacrifier la science en la présentant comme une valeur humaine qu'on inclinerait, si besoin est, devant d'autres valeurs. - On se demandera si une telle attitude, qui serait tenable dans le cas où la science pourrait être considérée seulement comme un jeu de noire pensée, a le moyen de se maintenir, alors que la science pénètre notre action, et lui fournit les cadres d'une maîtrise des choses. B) La morale ne pourrait-elle par contre se développer dans une conception déterministe ? Cette question doit immédiatement rappeler que les hommes qui ont dans l'antiquité montré l'exemple de la moralité peut-être la plus haute, les Stoïciens, ont été fatalistes, et de même chez les modernes, Spinoza. Bien voir et faire ressortir comment la thèse se fonde sur cet argument essentiel que l'irrationalité - l'ignorance des conditions réelles de ce que nous faisons et de ce que nous serons - est la plus pesante servitude : argument à retenir, car il est indiscutable qu'il n'y a de liberté et de morale que dans la conduite consciente de soi.
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