Sujet : La morale nous console-t-elle de la mort ?
Extrait du corrigé : Platon laisse Socrate improviser sa défense. Cette improvisation devient alors un véritable plaidoyer pour ceux que l'on nommerait aujourd'hui les « intellectuels », c'est-à-dire tous ceux qui irrésistiblement sont attirés par ces questions « qui ne les regardent pas » (mais dans lesquelles ils veulent voir pourtant en question l'intérêt général). Socrate s'est voulu un taon, cherchant° à dénoncer le caractère illusoire des valeurs sur lesquelles la majorité des citoyens fonde sa conduite. Sa méthode? L'ironie, c'est-à-dire la feinte ignorance. Et de fait, Socrate passe ses jours à interroger ses contemporains sur leurs certitudes, leurs spécialités, sur ce dont ils supposent la bonne connaissance acquise : il interroge l'apparence de l'évidence. Pour savoir ce qu'est le courage on ira solliciter un soldat, pour le langage un spécialiste de la parole, etc. De réponses en questions nouvelles l'interlocuteur voit ses certitudes s'effriter et surgir la contradiction entre ce qu'il affirmait au début de l'entretien et ce qu'il défend à présent. En rhétorique cette figure qui fait saillir la réfutation d'une thèse du simple exposé détaillé de celle-ci porte le nom d'elenchus. Socrate a évidemment l'habileté du sophiste et le maniement expert des artifices du langage.
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