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Sujet : La morale est-elle l'arme des faibles ?

Extrait du corrigé : Ne peut-on observer, sous le commandement du devoir, un goût coupable et douteux pour la souffrance physique, une soumission servile et craintive à l'impératif de la loi ? L'obéissance au devoir s'oppose à la vie et à ses forces puissantes, qui commandent l'égoïsme, la préservation de nous-mêmes et plus encore l'affirmation et la réalisation de nos buts. L'obéissance au devoir est une mortification. Il n'apporte d'autre satisfaction que celle de l'obéissance à une loi qui n'est pas nôtre. L'individu se sacrifie sur l'autel de l'idée et de la raison, sans trouver d'intérêt pour lui ni pour les autres : "Une vertu est nuisible quand elle ne tient qu'à un sentiment de respect pour l'idée de "vertu" comme le voulait Kant." Contre les impératifs exsangues de la raison, Nietzsche proclame les droits de l'instinct et des puissances vitales : l'être humain vise l'affirmation de sa subjectivité et non la soumission à une loi universelle. Le devoir moral et l'obéissance sont les signes infaillibles d'un déclin et d'une décadence. La nature commande à chacun de cultiver sa propre force et ses vertus en vue de la conservation de soi-même, tandis que le devoir commande des actions impersonnelles et abstraites. Toute action saine et vitale ne peut avoir que le plaisir pour preuve. Le bonheur est la seule caution que l'action est bonne.

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