Sujet : La mécanisation peut-elle dénaturer le travail des hommes ?
Extrait du corrigé : L'homme est ainsi défini comme étant un « homo faber » (l'homme fabricateur d'outils). Et le fait de fabriquer souligne pour Bergson l'intelligence humaine (L'évolution créatrice). Aristote déjà montrait que la « technè » est une « disposition tournée vers la création », et « accompagné de raison », ce qui l'oppose aux animaux (cf. Ethique à Nicomaque, VI, 4). b. L'outil sera ainsi la traduction matérielle de l'intelligence de l'homme : « Ce n'est pas parce qu'il a des mains que l'homme est le plus intelligent des êtres, mais c'est parce qu'il est le plus intelligent qu'il a des mains » (Aristote, Les parties des animaux). L'outil, ou l'objet conçu et fabriqué par l'homme pour exécuter son travail, est considéré comme un prolongement naturel de la main. Mais la véritable innovation est la machine, puisqu'elle a un fonctionnement autonome, et peut ainsi remplacer l'homme sur de nombreuses tâches à accomplir. Mais la machine, aussi « intelligente » soit-elle, reste dépendante de l'homme : elle ne se fabrique ni ne se répare elle-même. Alors la capacité de fabriquer des outils ou des machines apparaît, au même titre que le langage, comme indissociable de l'humanité : « le progrès technique est lié au progrès des symboles techniques du langage » (Leroi-Gourhan, Le geste et la parole).
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