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Sujet : La mauvaise conscience est-elle chose bienfaisante ?

Extrait du corrigé : Si la conscience était à nos actions ce que l'instinct est à la conduite animale, nous ne pourrions lui résister. Mais, précisément, « tout » nous fait oublier cette voix de la nature. a Tout », c'est-à-dire l'éducation que nous recevons dans la société et qui, dès l'enfance, inculque des préjugés. La voix de la conscience n'est ni celle de la raison instruite, ni celle du fanatisme nourri dès l'enfance. D'où le projet 1 de Rousseau dans l'Émile d'expliquer ce que pourrait être une éducation --qui préserve, pour l'enfant, la possibilité d'entendre cette voix à la fois naturelle et divine. * Rapprochements possibles et intérêt philosophique du texte On retrouvera chez Kant la même idée selon laquelle le sens moral est à la portée de tout homme, même non instruit : chacun sait immédiatement où est son devoir. Mais cette universalité même de la moralité est pour Kant le signe que la conscience morale est l'oeuvre de la raison : non pas une raison « théorique » ou « savante », mais une raison pratique. Contrairement à Rousseau, Kant ne fait pas de la morale un sentiment qui s'éprouve mais une loi qui s'impose à tout être raisonnable. La différence entre Kant et Rousseau n'est pourtant pas si grande : lorsque Rousseau dissocie conscience et raison, c'est à la « raison savante » qu'il pense, et le sentiment moral, dans sa spiritualité, est pour lui hautement raisonnable. Mais cette voix peut s'amplifier jusqu'à être un cri : « On parle du cri des remords, qui punit en secret les crimes cachés, et les met si souvent en évidence.

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