Sujet : Liberté naturelle et liberté civile ?
Extrait du corrigé : Rousseau exprime cette idée à plusieurs reprises & en particulier au début du « Contrat social » : « Ce passage de l'état de nature à l'état civil produit dans l'homme un changement très remarquable, en substituant dans sa conduite la justice à l'instinct, et donnant à ses actions la moralité qui leur manquait auparavant. C'est alors seulement que, la voix du devoir succédant à l'impulsion physique et le droit à l'appétit, l'homme, qui jusque-là n'avait regardé que lui-même, se voit forcé d'agir sur d'autres principes, et de consulter sa raison avant d'écouter ses penchants.Quoiqu'il se prive dans cet état de plusieurs avantages qu'il tient de la nature, il en regagne de si grands, ses facultés s'exercent et se développent, ses idées s'étendent, ses sentiments s'ennoblissent, son âme tout entière s'élève à tel point, que si les abus de cette nouvelle condition ne le dégradaient souvent au-dessous de celle dont il est sorti, il devrait bénir sans cesse l'instant heureux qui l'en arracha pour jamais, et qui, d'un animal stupide et borné, fit un être intelligent et un homme.» Pour Rousseau, si l'on considère l'histoire de l'humanité, l'homme n'est pas né homme ; il l'est devenu. Il en va de même en ce qui concerne la destinée individuelle : on ne naît pas homme ; on le devient. Le pédagogue pour qui le petit d'homme n'est pas un petit homme rejoint ici le penseur politique. Que l'on se penche sur l'histoire de l'humanité ou sur celle d'un enfant devenant adulte, il ne faut pas supposer au départ ce qui ne se trouve qu'à l'arrivée, mais procéder à une étude génétique (le terme est de Rousseau), comprendre comment on est passé du stade initial au stade ultime. Dans ses discours, Rousseau reconstitue la genèse de l'humanité. Dans « Emile », il s'attache à la genèse de son âme. Conscient de l'originalité de sa méthode, il s'en explique dans sa « Lettre à Christophe de Beaumont », archevêque de Paris (1763), à la suite de la condamnation d' « Emile » par l'Eglise : « Vous supposez ainsi que ceux qui traitent de ces questions, que l'homme apporte avec lui sa raison toute formée, et qu'il ne s'agit que de la mettre en oeuvre.
Corrigé de 1658 mots (soit 3 pages) directement accessible
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