Sujet : Liberté, égalité, fraternité: y a-t-il un lien entre ces trois exigences ?
Extrait du corrigé : Il n'y a pas de liberté si chacun prétend pouvoir exercer sa propre liberté au détriment de celle d'autrui. [En voulant imposer l'égalité, on crée une autre forme d'injustice et on est conduit à persécuter tous ceux qui ne pensent pas comme la majorité. La liberté absolue ne conduit pas à la fraternité mais à la guerre.] L'égalité s'oppose à la liberté [1. L'égalisation des individus bride les énergies]Calliclès le soutient avec force contre Socrate dans le Gorgias : « La loi est faite par les faibles et par le plus grand nombre. C'est donc par rapport à eux-mêmes et en vue de leur intérêt personnel qu'ils font la loi. » Afin de se protéger des plus puissants par nature, « les faibles » inventent un redoutable stratagème : faire passer leurs valeurs pour des valeurs absolues. Égaliser les conditions signifie en ce cas brider les énergies des plus fougueux : « Ils racontent que toute supériorité est laide et injuste, et que l'injustice consiste essentiellement à vouloir s'élever au-dessus des autres : quant à eux, il leur suffit [...] d'être au niveau des autres, sans les valoir ». Donner raison et pouvoir à celui qui vaut le moins par rapport à celui qui vaut le plus revient, pour Calliclès, à nier totalement la liberté.
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