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Sujet : Le langage seul peut-il garantir la communication entre les hommes ?

Extrait du corrigé :                 3° La communication comme échange véritable ne peut se faire à partir de n'importe quel usage du langage               Nous pouvons pousser plus loin cette idée, en affirmant qu'il ne faut pas seulement distinguer entre les signes linguistiques et leur usage, mais aussi entre plusieurs types d'usage du langage, pour que celui-ci puisse garantir une véritable communication. En ce sens, on ne peut plus entendre par communication, comme dans la perspective de Jakobson, le simple fait d'adresser un message à autrui, mais de réunir les conditions pour qu'un véritable dialogue, un véritable échange soit possible. Les dialogues de Platon sont un exemple de cette perspective : l'opposition de Socrate aux sophistes est une opposition entre deux types d'usage du langage. En effet, les sophistes donnent pour but au langage non pas d'échanger des arguments avec leur interlocuteur, mais de le convaincre à tout prix, sans prendre en compte la vérité du discours : l'école des sophistes est une école de rhétorique, où l'on apprend un usage du langage qui vise à charmer l'interlocuteur pour emporter son adhésion. Socrate oppose à cet usage un langage qui s'appuie sur la vérité du discours et sur la discussion qui prend en compte les arguments de l'interlocuteur, afin de construire à deux un discours qui dise le vrai et qui reprenne ce qu'il y avait de meilleur chez les deux interlocuteurs. On voit ainsi que pour garantir la communication, le langage doit être utilisé dans son rapport à la fois à la vérité et à autrui, et non simplement comme un instrument de pouvoir visant à dominer l'autre.               Conclusion               On peut d'abord penser que le langage peut suffire à garantir la communication, si l'on pense qu'il se définit d'emblée comme la transmission d'un message à un interlocuteur. Cependant, il semble que cette condition soit insuffisante si l'on pense qu'un message peut être source de malentendus et générer davantage d'incompréhension que de communication. Il faut pour cela anticiper sur le sens que l'autre donnera à mon message et prendre en compte pour cela à la fois le contexte et son état d'esprit : le langage au sens strict ne peut donc garantir une compréhension mutuelle. On peut alors penser qu'une véritable communication, qui prend la forme d'un dialogue, peut être garantie par le langage à condition que son usage repose sur une prise en compte de l'autre et de son discours, et pas seulement sur un usage du langage comme simple instrument de persuasion.

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