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Sujet : Le langage est-il un instrument ou un obstacle à la pensée ?

Extrait du corrigé : Loin d'être deux mondes radicalement extérieurs, « incommensurables » comme le disait Bergson, le langage et la pensée apparaissent ici comme absolument consubstantiels. Que reproche Hegel à l'ineffable ? Il lui reproche de n'offrir, en fait de pensée, qu'une matière de pensée sans la forme que seule la formulation par le langage pourrait lui conférer. L'ineffable en effet, c'est la pensée informe, c'est-à-dire une pensée usurpée, une pensée qui n'en est pas vraiment une. Pour mériter ce nom, pour être vraiment la pensée, celle-ci doit en passer par l'épreuve de l'explicitation. Il y a ici un malentendu possible contre lequel il faut mettre en garde le lecteur de Hegel : c'est le malentendu de l'énonciation. Le problème de Hegel n'est pas de savoir s'il faut se taire ou parler, ni de savoir si les vérités sont ou non bonnes à dire : l'enjeu de l'exigeante conception de Hegel est de savoir à partir de quoi, à partir de quel critère on peut réellement considérer qu'on a affaire à de la pensée, à partir de quel critère la pensée mérite le nom de pensée. Ce critère, c'est la « forme objective » (le mot) qui rend ma pensée publiable, identifiable même par moi seul (tant encore une fois il ne s'agit pas ici de rapport à autrui). Pourquoi faire un brouillon avant une dissertation ? Justement  pour expliciter le flux d'abord confus de l'inspiration qui nous traverse à partir d'un sujet, pour incarner cette manière, cette pensée virtuelle en une réalité palpable & travaillable, réalité que les mots que nous écrivons lui donnent.

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