Sujet : Le langage: Un code de communication ?
Extrait du corrigé : Enfin, il y a une forte dépendance à l'égard du contexte : un imprévu court-circuite la communication. Ce déterminisme simple l'oppose à la complexité du langage humain, qui n'est pas un ensemble de messages à décoder suivant des paramètres fixes mais qui permet de redéfinir en permanence le contexte. Réfléchissant à partir des observations réalisées sur le mode de communication propre aux abeilles par Von Frisch, Benveniste en rappelle d'abord la teneur. De retour à la ruche, une abeille qui effectue devant ses congénères une danse en cercle signale par là que de la nourriture se trouve à une faible distance. Relevant d'un symbolisme moins rudimentaire, une danse en huit accompagnée d'un frétillement continu de l'abdomen indique quant à elle à quelle distance on doit chercher (plus la danse est lente, plus le butin est loin), mais aussi dans quelle direction s'envoler (l'axe du huit indique l'angle que le lieu de la découverte forme avec le soleil). Toutefois, six points de contraste au moins interdisent de considérer comme un langage ce mode de communication animal. Les deux premiers sont son caractère non phonique, et par voie de conséquence le fait que ce symbolisme soit inopérant dans l'obscurité. Mais comme on l'a déjà signalé, cela vaudrait aussi dans le cas du langage des sourds-muets. Plus décisive est la troisième remarque de Benvéniste : à savoir que le message de l'abeille exploratrice n'appelle pas de réponse, n'instaure pas de dialogue. Au lieu que « nous nous parlons à d'autres qui parlent ».
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