Sujet : La justice suppose-t-elle l'égalité?
Extrait du corrigé : Nous avons compris aussi que le droit se devait autant que possible d'être juste. Tout ceci implique que le bien commun devrait être le souci du législateur : au sens large de ce terme, le droit se doit d'être républicain. Mais il y a parfois loin des principes à la réalité : le droit réel est le produit de circonstances historiques et de rapports de force, il est l'objet de batailles dont l'enjeu est souvent la défense d'intérêts particuliers. Destiné à bannir la violence de la société, le droit est souvent un produit de la violence, lorsqu'une partie de la société impose sa loi à une autre, il sert parfois à perpétuer la violence quand il est placé au service d'une oppression ou d'une exploitation de l'homme par l'homme. La loi et les décisions judiciaires doivent inévitablement recevoir le renfort de la force publique : qui se soucierait de les respecter, s'il n'y avait la peur du gendarme ? La balance reçoit le concours du glaive. Si le droit le juste, républicain, il s'agit bien d'une force publique, dont l'usage répond à l'intérêt collectif. En revanche, là où le droit servirait partialement à maintenir des situations d'oppression ou d'exploitation abusive, l'usage de la prétendue force publique ne serait pas autre chose qu'une perpétuation de la violence. Le spécialiste en droit peut nous indiquer « ce qui est le droit », cad ce que disent et ont dit des lois en un certain lieu et à une certaine époque, mais il ne peut pour autant dire si le droit positif est juste parce que le critère universel auquel on peut reconnaître le juste de l'injuste lui échappe. Seul le droit naturel qui ne repose que sur des principes a priori –indépendants de l'expérience qui est toujours particulière- peut fournir à une législation positive ses principes immuables.
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